Algérie : Bensalah restera président après le 4 juillet

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ALGERIE (TAMURT) – C’est un scénario que personne n’avaient prédit qui aura lieu après la journée du 4 juillet. Après l’annulation, pour une deuxième fois de l’élection présidentielle devant élire le successeur de Abdelaziz Bouteflika, qui a quitté le pouvoir sur la pointe des pieds, le Conseil constitutionnel a annoncé ce lundi que c’est Abdelkader Bensalah, chef de l’état, par intérim, qui continuera à présider le pays jusqu’à la prestation de segment du prochain président élu.

L’appel de la majorité de la classe politique, et aussi des millions de manifestants, est ainsi tombé dans l’oreille d’un sourd. L’option de la désignation d’une présidence collégiale et d’une période de transition qui peut aller jusqu’à une année n’a donc pas été retenue par les décideurs. Ces derniers ont fait un tout autre choix qui ne figurait sur aucune des feuilles de route proposées jusque-là. Il s’agit de la prolongation du « mandat » de Abdelkader Bensalah. Une décision qui est naturellement anticonstitutionnelle. Car la constitution algérienne limite la période d’intérim au poste de président de la République qui démissionne à trois mois. Juste le temps qu’il faut pour l’organisation et la tenue de nouvelles élections présidentielles devant permettre aux citoyens d’élire un nouveau premier magistrat pour le pays.

Dans l’état actuel des choses, l’Algérie entrera de plain-pied dans une zone « d’illégalité » constitutionnelle avérée. Même si déjà actuellement, de nombreuses décisions ont été prises hors du cadre constitutionnelle comme celles inhérentes à la désignation de walis et de haut responsables nommés par décret présidentiel. En effet, Abdelkader Bensalah n’a pas la prérogative de nommer des responsables à l’instar des walis ni d’en limoger d’autres. La seule mission dont il est chargé, selon la Constitution, se limite à superviser de nouvelles élections présidentielles auxquelles, d’ailleurs, il n’ouvre pas droit de postuler. La complexité de la crise politique actuelle en Algérie a poussé les décideurs incarnés, par l’état-major de l’armée algérienne, à faire des choix qui leur sont plutôt imposés même s’ils inscrivent en porte-à-faux avec les dispositions de la Constitution. L’ampleur du désastre politique dans lequel Abdelaziz Bouteflika et son frère ont laissé l’Algérie au lendemain de leur départ est telle que le pays est véritablement dans une impasse politique qui augure d’un avenir des plus incertains.

Pour l’instant, on assiste à une gestion approximative de la crise avec vraisemblablement une absence totale de perspectives concrètes et salutaires à moyen terme. Même Ahmed Gaid-Salah, le chef d’état major de l’armée algérienne a déploré, dans un discours récent, l’absence d’initiatives et la panne d’idées dont fait preuve la classe politique algérienne ces dernières semaines. Il faut attendre vendredi prochain pour voir comment la rue réagira à la décision du maintien de Bensalah à la tête de l’état après le 4 juillet prochain. Un tel choix risque d’exacerber la crise surtout quand on sait que Abdelkader Bensalah est l’une des figures les plus contestées par les Algériens qui manifestent tous les vendredis. Cet homme politique incarne parfaitement le régime de Abdelaziz Bouteflika. C’est d’ailleurs Abdelaziz Bouteflika qui a imposé Bensalah à la tête du sénat (Conseil de la Nation), faut-il le rappeler.

Tarik Haddouche

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