Algérie : coup d’Etat contre Bouteflika

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Le General-Major Gaid Salah
Le General-Major Gaid Salah

ALGERIE (TAMURT) – Certes, les médias et les relais de l’Armée algérienne feront tout pour défendre la thèse d’une décision qui aurait été prise dans le cadre du respect et de l’application de la Constitution. Mais le fait que c’est Ahmed Gaid Salah, premier responsable de l’ANP, qui a annoncé en premier l’information de la destitution de Bouteflika confirme qu’il s’agit bel et bien d’un coup d’Etat.

Car la Constitution, dans son article 102, n’indique aucunement que c’est au premier responsable de l’ANP d’évoquer, le premier, la vacance de pouvoir si le président est gravement malade. L’article en question stipule clairement qui doit réagir et constater la vacance du pouvoir. Il s’agit du Conseil constitutionnel. L’article 102 stipule ainsi que « quand le président, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l’unanimité, au Parlement de déclarer l’état d’empêchement ». A aucun moment, il n’est référence, dans cet article constitutionnel, à l’ANP. Or, comme tout le monde le sait, le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, a été nommé, il y a quelques mois, par le clan présidentiel pour s’assurer justement le soutien de ce conseil. C’est ce qui explique aussi le silence du Conseil constitutionnel pendant tout ce temps devant l’état de santé de Bouteflika.

Le fait que c’est l’ANP qui ait franchi ce premier pas conforte amplement la thèse du coup d’Etat car jusqu’à la dernière minute, le clan présidentiel n’a pas cessé de manœuvrer pour garder la main sur le pouvoir. La veille de cette annonce, le clan présidentiel a nommé un nouveau directeur à la télévision nationale publique pour garder la main sur l’information officielle. Le rappel de tous les ministres du gouvernement Ouyahia pour gérer les affaires courantes s’inscrivait dans la même optique : celle de faire avorter le coup d’Etat dont le clan présidentiel est bien sûr au courant depuis le début des manœuvres il y a quelques mois. Le fait que Gaid Salah soit l’un des hommes forts du régime les plus proches de Bouteflika avait fait oublier aux représentants de ce clan qu’en politique un ami n’est jamais éternel.

Gaid Salah l’a prouvé encore une fois en se retournant contre celui qui l’a désigné chef d’état major de l’armée algérienne alors que, d’après des personnalités qui l’ont connu, il n’aurait jamais rêvé d’atteindre un tel poste de responsabilité durant toute sa carrière tant son profil était loin d’une telle ambition.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. C’est plus une complicité après coup. Il a tenté le sponsoring de sa candidature, ce qui n’ a pas marché, sauver les meubles est une tentative désespérée ce que tente général g.s!

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