Algérie : élections présidentielles ou cirque ?

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ALGERIE (TAMURT) – Un candidat absent et gravement malade, un mécanicien, un opticien, un général major à la retraite et une infinité d’inconnus, c’est en somme la liste des vingt « personnalités » qui ont déposé, dimanche dernier, leurs dossiers de candidature aux prochaines élections du 18 avril 2019 au niveau du siège du Conseil constitutionnel. Comment l’Algérie en est-elle arrivée à cette situation catastrophique et burlesque ?

Il est évident que Abdelaziz Bouteflika et ses conseillers ont tout fait, en vingt ans de règne, afin de discréditer les personnalités politiques qui étaient susceptibles de se construire une étoffe de leader politique aussi bien dans son propre camp que dans le camp de l’opposition. On le constatera entre autres en revenant sur le profil des personnes qui avait occupé le poste de secrétaire général du Front de Libération nationale durant les mandats de Bouteflika. Il suffit de citer Amar Saidani et Djamel Ould Abbès pour en être édifié. Le clan de Bouteflika a également laminé toute l’opposition en attribuant à ses chefs des privilèges de toutes sortes en contre partie d’une complicité à peine voilée. Le résultat est on ne peut plus catastrophique.

En 2019, les Algériens qui iront voter le 18 avril prochain n’auront guère l’embarras du choix. Le profil des vingt candidats ayant déposé leurs dossiers dimanche dernier est des plus décevants voire choquant. Aucun candidat à la candidature ne jouit d’une popularité qui aurait pu lui permettre de ratisser large. Il faut ajouter à cette insuffisance le fait qu’aucun des vingt candidats ne détient un CV reluisant qui refléterait un parcours politique et militant digne d’en faire un présidentiable. Certains sont allés jusqu’à tourner cette élection à la dérision comme Rachid Nekkaz qui, à la dernière minute, a présenté son cousin ayant le même nom et le même prénom que lui, à sa place. C’est dire le degré de légèreté et d’absence de sérieux avec lesquels cette élection est appréhendée. Il faut aussi y ajouter la liste des personnalités qui se sont retirées à la dernière minute de la course même après avoir déposé leurs dossiers au Conseil constitutionnel à l’instar de Abdelaziz Belaid qui est pourtant un enfant du système.

D’autres aussi l’ont fait à l’instar de Abderrezak Makri, président du Mouvement de la Société pour la Paix et Said Bouhadja, ex-président de l’Assemblée populaire nationale, limogé par le clan présidentiel dans le sillage des préparatifs de cette élection. Depuis l’indépendance de l’Algérie, c’est la première fois que le pays offre un spectacle aussi scandaleux que celui de cette fois-ci. C’est bien pire qu’à l’époque du parti unique où les présidents désignés d’office par l’Armée étaient au moins en bonne santé et pouvait bouger et s’adresser au peuple. C’est à la dignité du peuple algérien tout entier que le pouvoir est en train de porter un coup fatal. Ce peuple acceptera-t-il cet affront. On le saura dans les prochains jours, au plus tard vendredi.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Ils l’ont déjà élu à 70% en limitant les candidatures en amont, avec une loi qui fait du migrant un apolide qui n’a pas le droit de se candidater s’il n’est pas résident les 10 derniéres années en Algérie, loi electorale sur mesure du clan, parce que le gros des cadres opposants sont en exile. En plus ils ont lancé un général comme candidat altérnatif feignant d’etre né démocrate, puis de déclarer  » qu’on le veuille ou non l’Algérie est arabe… ». Comme avec le paysage politique ils occupent le terrain avec leurs agents et quelques candidat folklore pour ne pas deranger leur divin nain. bouteflika toute honte bue n’est exhibé que par de vieilles videos ou cadre devant lequels se prosternent la horde du régime en guise de louanges qui ont plus une fonction pédagogique, le peuple doit se plier et ne pas demander les comptes du divin bouteflika et sa cour est encensée pour l’avoir servi.
    La vraie question est que dans cette boite magique, le parloir d’alger abrite le FFS et le RCD.

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