Algérie : l’académie de tamazight jetée aux oubliettes

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HCA amazighe
HCA amazighe

ALGERIE (TAMURT) – Comme il fallait s’y attendre un peu, l’académie de langue tamazight ne constitue plus une priorité pour les décideurs algériens. On n’en parle plus surtout depuis le début du « mouvement populaire » ayant débuté le 22 février dernier et qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Alors que la composante de cette académie et son président ont été désignés officiellement, il y a déjà plusieurs mois, on ne voit, à ce jour, aucun signe ni geste qui permettra à cette académie d’avoir une existence réelle et concrète dans la réalité. Son président, le professeur Mhamed Djellaoui a complètement disparu dans la nature après avoir donné quelques interviews, sans aucune consistance, au lendemain de sa nomination. Des interviews creuses où Mhamed Djellaoui s’était montré extrêmement évasif parce que ce dernier n’a guère les coudées franches à l’instar du secrétaire général du HCA (Haut commissariat à l’Amazighité) qui a passé la majorité de son temps à encenser un certain Abdelaziz Bouteflika pour sauvegarder un poste de responsabilité qu’il ne mérite aucunement.

Le même silence a été constaté chez tous les autres membres de cette académie qui n’est finalement rien d’autre qu’un mort-né Le comble c’est que le président de l’académie de langue tamazight n’a même pas eu la décence et le réflexe de rendre public ne serait-ce qu’un seul communiqué pour rassurer les milliers voire les dizaines de milliers de personnes qui ont cru en la réalité des engagements pris par le pouvoir algérien en faveur de la traduction concrète sur le terrain de la « reconnaissance » de tamazight comme langue officielle dans la constitution de 2016. Rien n’en fût. La majorité des responsables algériens ne sont intéressés que par leurs salaires et les avantages et privilèges faramineux inhérents à leurs statuts.

Ainsi, après le Haut-commissariat à l’Amazighité et le Centre National Pédagogique et Linguistique pour l’Aménagement de tamazight (CNPLAT), il s’avère que l’académie algérienne de langue tamazight n’échappe pas à la règle et il ne s’agit que d’une troisième institution fantoche et budgétivore visant à noyer encore le combat identitaire amazighe dans un semblant de reconnaissance qui n’est en fait qu’une chimère et de la poudre aux yeux.

Tarik Haddouche

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