Algérie : Le journal « El Watan » récupéré par le pouvoir

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Le journal El Watan
Le journal El Watan

ALGERIE (TAMURT) – Le quotidien francophone algérien « El Watan », qui roulait jusqu’à un passé très récent pour le clan du général Mohamed Mediène dit Tewfik, semble avoir été récupéré par le pouvoir actuel ayant succédé au clan de Abdelaziz Bouteflika et dont le général Ahmed Gaid-Salah, chef de l’état-major de l’armée algérienne est le porte-parole et le représentant officiel.

En effet, deux mesures très importantes, qui sont en relation directe, avec le sort de ce journal, présenté souvent comme un quotidien indépendant, ont été prises au lendemain de l’incarcération du général Tewfik. La première décision a trait au départ de Omar Belhouchet, qui est un journaliste très proche des généraux qui ont régné en Algérie durant les années quatre-vingt-dix, du poste de directeur général de ce quotidien après trente années à la tête d’ « El Watan ». Pour rappel, Omar Belhouchet, à l’instar de tous les directeurs des journaux dits indépendants lancés au début des années quatre-vingt-dix, est un ancien journaliste d’ «El Moudjadhid », quotidien de l’ex-parti unique : le FLN (Front de Libération Nationale). La seconde information qui confirme qu’ « El Watan » s’est désormais aligné sur le clan militaire piloté par Gaid-Salah, c’est la convention signée, il y a moins d’une semaine, entre le nouveau directeur de ce journal et l’Anep (Agence nationale d’Edition et de Publicité) qui est, pour rappel, une institution publique, chargée de financer indirectement (sous forme de placards publicitaires) les journaux qui font preuve de docilité et de servitude.

Les vannes de l’Anep avaient été fermées à « El Watan » par Said Bouteflika du temps où il était l’homme fort du pouvoir parce que ce journal continuait de servir de relais médiatique au clan du général Tewfik tout en s’opposant au « club » des frères Bouteflika. Toutefois, il y a lieu d’avertir d’avance le lecteur qu’ « El Watan » continuera, pour un certain temps, de camper le rôle d’un journal « opposant » au régime mais avec des limites franches qui vont lui être imposées par ses nouveaux maitres.

Tarik Haddouche

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