Algérie : les journalistes et les patrons de presse corrompus seront-ils jugés ?

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presse-algerienne
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ALGERIE (TAMURT) – Au moment où la justice, en Algérie, semble, en train de passer au peigne fin les dossiers de corruption de plusieurs anciens ministres, Premiers ministres, ancien officiers, on se demande si les journalistes et les patrons de presse impliqués dans de graves affaires de corruption et de détournement de l’argent du peuple seront, à leur tour, interpellés et jugés ?

Pour l’instant, aucun patron, directeur de journal ou de chaine de télévision, n’a été inquiété par la justice. Pourtant, les noms de nombreux patrons de presse et de journalistes célèbres sont cités dans de graves affaires dont certaines sont un secret de polichinelle. Des directeurs de journaux, qui étaient à peine des salariés dans les années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, sont aujourd’hui des milliardaires. Comment se sont-ils enrichis en si peu de temps ? La question a partiellement une réponse.

En effet, des patrons de presse, faisant preuve de docilité et de soumission totale envers le pouvoir, sont arrosés de centaines de millions de centimes quotidiennement par le même pouvoir via l’Agence Nationale d’Edition et de Publicité (Anep). En même temps, les même patrons de presse emploient des journalistes avec des salaires misérables qui n’atteignent parfois même le Smig sans compter le fait que la majorité des journalistes algériens, employés chez ces mêmes patrons véreux et radins, n’assurent même pas la couverture sociales des travailleurs et des journalistes. Il s’agit là d’une réalité amère que tout le monde connait mais que personne ne dénonce, à commencer par les soi-disant syndicats des journalistes et associations des journalistes. Certains patrons de presse, à l’instar de pas mal de chefs de partis politiques, sont à la tête de véritables empires et ont des biens infinis dans plusieurs pays d’Europe comme des hôtels, des restaurants chics, des promotions immobilières en plus des terrains et autres biens immobiliers, qui se comptent par dizaines, en Algérie.

En plus des patrons de presse, des centaines de journalistes, ont pendant des années, utilisé leur poste de travail pour « faire des affaires » pour reprendre une expression très en vogue. Des enquêtes sérieuses seront-elles ouvertes pour séparer enfin le bon grain de l’ivraie dans le milieu du journalisme, une noble profession, qui a été pendant longtemps « au-dessus de tout soupçon ». Mais la face cachée de l’iceberg du journalisme en Algérie se dévoilera tôt ou tard. Ce jour-là, les millions de lecteurs et de téléspectateurs seront surpris voire choqués.

Tarik Haddouche

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