Algérie : Tamazight sera transcrite en latin, tifinagh et en arabe

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KABYLIE (Tamurt) – Le pouvoir algérien a décidé de laisser le champ ouvert concernant le choix des caractères de transcription de la langue tamazight, du moins à court et à moyen termes car n’ayant pratiquement pas d’autres choix devant la complexité de ce qui s’apparente à un véritable problème qui cache à peine une guerre idéologique menée en sourdine.

Un haut responsable au niveau du ministère de l’Education nationale, chargé du dossier de l’enseignement de tamazight, a confirmé jeudi dernier que le choix des caractères de transcription de tamazight est très difficile. Le même responsable a indiqué qu’imposer des caractères, de fait, aux apprenants, n’est pas une solution appropriée car chaque grande région a fait ses propres choix. Ainsi, a précisé le même responsable, en Kabylie, le choix des caractères latins pour transcrire tamazight semble inéluctable et les locuteurs et autres utilisateurs refusent catégoriquement de transcrire tamazight dans un caractère autre que le latin.

Dans les régions chaoui et Mzab, le même responsable a indiqué que les apprenants campent sur leur choix des caractères arabes et rejettent toute autre proposition. Quant aux régions berbérophones du grand Sud, les concernés ne veulent pas entendre parler de caractères de transcription autres que le Tifinagh.

Devant une telle situation, les décideurs, a ajouté le même responsable, préfèrent donc n’imposer aucun caractère et laisser le choix libre à chaque région. Il en est de même pour la variante à enseigner. « Chaque région devra, dans un premier temps, continuer d’enseigner sa propre variante, c’est-à-dire, en Kabylie, c’est le kabyle qui sera enseigné, le Chaoui dans les Aurès, le Mozabite à Ghardaia et le Targui dans le sud », a ajouté le responsable en question. Ces choix continueront donc de rester tels quels jusqu’à ce qu’un travail de fond soit mené par l’Académie algérienne de langue tamazight.

Mais un tel chantier prendra plusieurs décennies, faut-il le rappeler. On saura alors, s’il faudra standardiser toutes les variantes amazighes et on connaîtra enfin avec quels caractères « uniques » la langue s’écrira. Mais ces choix et ces questions seront celles des générations futures bien entendu.

Tahar Khellaf