Algérie : vers la dissolution de l’APN et le report de la présidentielle

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Said Bouhadja
Said Bouhadja

ALGERIE (Tamurt) – Tous les indices sont désormais au rouge, en Algérie. La crise politique, qui était tapie dans l’ombre, éclate au grand jour avec la pétition signée par la majorité des députés exigeant la démission de Said Bouhadja, le président de l’Assemblée. Ce dernier, en refusant de partir tente de gagner le temps. Mais jusqu’à quand ?

On se dirige tout droit vers une crise voire un vide institutionnel, en Algérie, qui aboutira inéluctablement au report systématique des élections présidentielles prévues logiquement en avril 2019. Les choses ne cessent en effet de se compliquer ces derniers jours. L’absence d’un consensus au sommet de l’Etat concernant le maintien de Bouteflika ou l’option pour un nouveau candidat-président a engendré cette crise qui se dessine et dont la presse algérienne, muselée pour rappel, commence timidement à faire état. Les indices qu’il y a vraiment péril en la demeure sont nombreux. Il y a eu d’abord ces grands changements opérés par la présidence de la république et ayant touché tous ou presque tous les postes de responsabilité sensibles, notamment dans l’Armée, les walis, les secrétaires généraux des wilayas, les cours de justice…

Mais il y a aussi cette crise inédite à l’APN avec subitement ce bras de fer, qui ne cesse de se corser, entre la majorité des députés issus principalement des partis au pouvoir (le FLN et le RND) et le président de l’APN Said Bouhadja. Dans cette crise, vraie ou montée de toutes pièces, le motif invoqué par les députés pour exiger la tête de Said Bouhadja, ne tiennent pas la route du tout. Une histoire « d’abus de pouvoir » et « de frais de mission non justifiés ». En Algérie, il s’agit absolument de choses courantes qui sont pratiquées par les hauts responsables et ils ne peuvent guère être inquiétés pour cela.

Pour l’instant, le seul qui peut mettre un terme au statut de président d’APN dont jouit Said Bouhadja, c’est le président Bouteflika. C’est ce qui est prévu par la loi. Bouteflika peut aussi dissoudre l’APN. S’il opte pour cette solution, la Constitution prévoit une possibilité de reporter les élections présidentielles de trois ans au plus. Est-ce que c’est ce qui est recherché ? On le saura bientôt.

Tahar Khellaf