Algérie : vers l’annulation de la présidentielle du 12 décembre

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El Mouradia, Algérie
El Mouradia, Algérie

ALGERIE (TAMURT) – Tous les indices indiquent que l’élection présidentielle du jeudi 12 décembre 2019, programmée par le pouvoir contre la volonté populaire, sera annulée. Cette option se dessine inéluctablement de jour en jour. De nombreux observateurs évoquent également la possibilité de l’annulation de cette élection.

La raison principale de cette probabilité très plausible n’est autre que l’absence totale de conditions favorables à l’organisation d’un tel évènement important qui nécessite un minimum de sérénité et de stabilité. Or, c’est loin d’être le cas en Algérie depuis le 22 février dernier. Les choses se sont compliquées depuis une dizaine de jours avec la mobilisation des citoyens de dizaines de communes qui n’hésitent tout simplement pas à fermer les bureaux de vote se trouvant dans les sièges des Assemblées populaires communales quand ce n’est pas carrément la mairie qui est cadenassée. Et, ce n’est seulement dans les communes de Kabylie que ce phénomène est en vogue et prend de l’ampleur. Il est enregistré aussi dans de nombreuses autres localités comme Sétif et Batna, entre autres. Il n’y a donc non seulement pas de possibilité d’organiser la présidentielle le 12 décembre mais même une campagne électorale dans un tel climat délétère s’avère aussi du domaine de l’impossible.

Pour l’instant, aucun média algérien n’évoque cette probabilité, sans doute, pour ne pas aller vite en besogne. Mais cette lecture tient la route surtout quand on est en contact direct avec la réalité du terrain qui démontre à quel point un tel choix ne peut aucunement se concrétiser. Même en instaurant un climat de haute sécurité, c’est-à-dire en décrétant une sorte d’état d’exception, la présidentielle ne pourra pas se tenir. Car il ne s’agit pas d’un refus de la majorité des citoyens d’aller aux urnes le jour J mais il s’agit d’un rejet pur et simple de ce vote en s’y opposant carrément. C’est l’organisation de cette élection qui est catégoriquement rejetée non seulement par des paroles et des discours mais par les actes. Hier aussi, des citoyens de nombreuses communes ont poursuivi l’opération de fermeture des bureaux des élections se trouvant dans les mairies.

Les arrestations massives, par dizaines, des animateurs des marches qui se tiennent à Alger et ailleurs, y compris celle de figures célèbres de ce mouvement, n’ont donné aucun résultat. Au contraire, de nombreux observateurs ont remarqué que la mobilisation populaire s’est accentuée suite à ces arrestations. On s’attend donc à ce que le pouvoir lâche du lest devant l’impossibilité de faire autre chose.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Annulation ou pas le régime criminel ne cèdera jamais le pouvoir, au plus il sacrifiera quelques serviteur de bas rang. Sauf une République AMAZIGH aura le credit politique et l’humus culturel pour avoir des institutions respectées et respectables. L’Algérie du triptyque maléfique- de Tabou et Saadi- meurt par manque de piliers solides, alors que tout le vacarme tend à nous faire croire que c’est la gouvernance qui ne va pas. Sans terrain solide, l’identité et culture, tout système, dictatorial ou démocratique serait juste un maquillage qui a peur de l’eau, et les inondations en cours ont mis à nu le vide sur lequel reposait les Berzidans de l’armée arabe.

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