Algérie/Kabylie : deux conceptions diamétralement opposées du droit et de la justice

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AZEM ET AIT CHEBIB

COMMUNIQUE (Tamurt) – A l’appel du Collectif de Militants kabyles pour la Défense des Droits Humains (CMKDDH),  la société kabyle, fidèle à ses idéaux de justice et de liberté, s’est mobilisée contre le racisme, la répression et le totalitarisme de l’État algérien qui amnistie, protège et honore des terroristes sanguinaires , pendant qu’il emprisonne, torture et assassine à petit feu des militants pacifiques qui ne réclament que leurs droits légitimes.

Conformément à ses principes de soutien et de solidarité avec les causes justes et légitimes, et plus particulièrement encore quand celles-ci touchent des peuples frères tel le peuple mozabite, le peuple kabyle a apporté son soutien indéfectible au Dr Kameleddine Fekhar qui meurt à petit feu dans les geôles algériennes, prouvant de ce fait encore une fois que rien ni personne ne pourra le museler, ni encore moins le faire renoncer aux valeurs qui constituent les fondements mêmes de sa société. Les militants mozabites sont soit injustement emprisonnés comme Kameleddine Fekhar et ses compagnons, soit harcelés et poussés à l’exil forcé, tels que Khodir Sekkouti et Salah Abouna, deux dirigeants du Mouvement pour l’Autonomie du Mzab (MAM) contraints à l’exil pendant que leurs familles subissent, en lieu et place de leurs proches, les harcèlements policiers et même les emprisonnements.

Notre devoir est de porter la voix de nos frères Mozabites au-delà des prisons algériennes, d’une part pour briser l’isolement dans lequel le régime algérien veut les maintenir et d’autre part pour arracher leur libération avant qu’il ne soit trop tard. En tant que militants et en tant que citoyens kabyles, nous n’avons pas le droit de laisser mourir des militants qui luttent pacifiquement pour leurs droits légitimes, à plus forte raison quand ces derniers font partie de notre grande famille amazighe. Aussi, notre solidarité avec le peuple mozabite demeure indéfectible car sa cause juste et noble finira tôt ou tard par triompher.

Par ailleurs, conformément au précepte ancestral de « Jmâa Liman » qui incarne la liberté de conscience, la liberté de culte et la tolérance, les citoyens kabyles qui se sont rassemblés hier ont également exigé la libération de Slimane Bouhafs, un citoyen Kabyle condamné par la justice algérienne à la prison en raison de sa confession chrétienne qui ne cadre pas avec la religion officielle et obligatoire de l’État algérien.  Rappelons que ce dernier glorifie les criminels de tous bords, à l’image des terroristes islamistes et des voyous du pouvoir, comme le chef terroriste Madani Mezrag, promu au rang de personnalité politique  nationale et le ministre Chekib Khalil donné comme successeur de Boutefelika et actuellement en tournée de « purification » dans les zaouiates sous contrôle de l’État pour l’absoudre de ses péchés et l’auréoler d’une fausse couronne de sainteté à même de lui garantir la Présidence algérienne.

Pendant que les terroristes islamistes, auteurs avérés de plus de 250 000 assassinats, assumant parfaitement leurs crimes, courent les rues en toute impunité, imposant leur présence triomphante aux victimes du terrorisme islamiste auxquelles on a dénié toute revendication de justice, les jeunes kabyles, à l’image de Belaid Imad, supporteur du MOB ou encore de  Touati Merzoug et Arezki Marwane, jeunes blogueurs, sont emprisonnés pour avoir exercé pacifiquement leur liberté d’opinion et d’expression. Que l’État algérien sache que malgré sa capacité de nuisance, il n’existe aucune puissance au monde qui puisse imposer à la Nation kabyle son propre reniement car la Kabylie reste intraitable sur sa liberté et ses valeurs dont la diversité, la tolérance et la démocratie qui sont consacrées depuis des millénaires à travers Tajmaât. Bien évidemment, et comme à l’accoutumée, la répression a été au rendez-vous. À la fin du rassemblement amplement réussi, la police algérienne en civil, a procédé à des arrestations en masse des militants kabyles qui ne doivent leur libération qu’à la mobilisation populaire.

Encore une fois, la démonstration de l’inexistence d’une société civile algérienne, de partis, de ligues et militants de défense des droits de l’Homme, d’élus, a été apportée. Tous se sont illustrés par un silence complice devant les violations gravissimes des libertés fondamentales, des droits humains, de leur pseudo-constitution, comme de tous les pactes et conventions prétendument ratifiés par l’État algérien

Mieux encore, ils se font même les auxiliaires du régime algérien puisque toute dynamique citoyenne mettant à nu le caractère colonial et oppressif du régime algérien est combattue avec férocité par les tenants de l’arabo-islamisme qui ne jurent que par l’extinction de tout ce qui est amazigh.

Nous saluons l’initiative du Collectif de Militants Kabyles pour la Défense des Droits Humains (CMKDDH). Nous soutenons avec force et conviction cette dynamique salvatrice de la jeunesse kabyle que nous saluons pour son courage, sa détermination et son attachement aux valeurs kabyles

À la lumière de ce qui se passe en Afrique du Nord, l’avènement des États kabyle, mozabite, rifain, etc. est désormais plus qu’une urgence ; il y va de la pérennité, de la prospérité et de la sécurité des peuples amazighs.

Kabylie, le 1er février 2017

Bouaziz Ait Chebib et Hocine Azem