Ali Ideflawen interpellé par la police à l’aéroport d’Alger

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ALGERIE (Tamurt) – Les pratiques dictatoriales de l’époque de Boumediene et Chadli sont de retour en Algérie. Dès lors qu’un artiste ou homme de culture kabyle en particulier ne cadre pas avec les visées et desseins du pouvoir algérien, qui a fait de la corruption des chanteurs une pratique en vogue, le recours aux représailles reste la seule piste.

Cela se passe dans l’Algérie de 2016, à l’époque des nouvelles technologies et du multimédia. Lui, ce n’est ni un dangereux terroriste, ni un trafiquant de drogue notoire. Il s’agit d’un chanteur, certes engagé, mais artiste tout de même. Ali Ideflawen, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été interpellé à l’aéroport international d’Alger par la police au moment où il s’apprêtait à prendre l’avion vers le Canada. L’interpellation de Ali Ideflawen en plein aéroport a un lien direct avec le fait que cet artiste qui a chanté la célèbre et inoubliable chanson « Berrouaghia », en hommage aux détenus militants de la cause berbère des années quatre-vingt, doit prendre part et animer l’hommage prévu au Canada à Lhacène Ziani, auteur de textes chantés par le groupe Ideflawen.

Lhacène Ziani est également premier Ministre du Gouvernement provisoire kabyle (GPK). Cette seule qualité suffit au pouvoir algérien pour exercer des exactions à l’encontre d’Ali Ideflawen.  L’hommage en question aura lieu le 27 août prochain au centre culturel kabyle avec la participation de nombreux artistes et la projection d’un film-documentaire comprenant des témoignages sur Lhacène Ziani et le groupe de chants engagés Ideflawen.

Lyès Medrati