Ali Laskri tire la sonnette d’alarme, un pilier du FFS claque la porte

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Ali Laskri
Ali Laskri

ALGERIE (Tamurt) – Quand les présidents et les dirigeants des partis politiques sont choisis dans l’ombre et imposés à la base militante, à quoi pourrait-on s’attendre d’autre qu’à ce genre de triste fin. Ali Laskri, imposé il y a plusieurs années par Hocine Ait Ahmed comme Premier secrétaire du FFS à l’instar de tous les autres premiers secrétaires d’ailleurs, vient de faire une sortie médiatique qui renseigne si besoin est sur les tiraillements latents et internes qui déchirent, non seulement le FFS, mais tous les partis algériens, gérés, sans exception, comme l’ancien parti unique.

Dans un message laconique rendu public ce dimanche, Ali Laskri, membre du présidium du FFS (composé de cinq cadres) et aussi membre très influent de la direction du plus vieux parti d’opposition, souligne : « Je vous adresse mes sentiments de respect et de franche fraternité. Je vous informe de mon retrait, en démissionnant en ma qualité de membre de l’instance présidentielle et coordinateur, à compter de ce jour et de remettre mon mandat aux militants qui m’ont élu lors du 5ème congrès. Conformément à l’article 48 des statuts qui annonce que si le nombre des membres de l’IP est réduit à moins de (03), un congrès extraordinaire est convoqué pour élire une nouvelle instance présidentielle, mon retrait de cette instance implique automatiquement l’organisation d’un congrès extraordinaire sur le plan statutaire ».

Ali Laskri ajoute en outre en affirmant : « Un congrès extraordinaire dans l’intérêt salvateur du parti, à travers l’élection d’une nouvelle instance présidentielle, ce qui va amener une nouvelle dynamique politique d’espoir de tout un peuple. L’explication des motifs de mon retrait de l’IP seront explicités à la session du conseil national du 16 et 17 février 2018 ». Malgré la gravité de son acte de retrait, Ali Laskri n’a pas jugé utile de rendre publiques les raisons de sa colère pour ne pas brûler toutes ses cartes au sein du parti et afin d’aspirer rebondir au bond moment, non sans avoir exercé une certaine pression sur les vrais décideurs de la formation politique.

Le FFS, autant que tous les autres partis algériens, fonctionnent comme de véritables propriétés privées. Alors que naturellement, un président de parti devrait être l’émanation de toute sa base dans l’ensemble des régions où il est présent, il se trouve que ce n’est jamais le cas. Souvent des personnalités sortent subitement de l’anonymat et sont intronisées de fait présidents de parti ou membres du présidium comme dans le cas du FFS. Le résultat : la base militante et sympathisante de ces partis n’a pas cessé de se réduire comme une peau de chagrin. Et l’opportunisme a fini par gangrener ces formations politiques qui ont renié même les plus fondamentaux de leurs principes fondateurs.

Au point de s’allier avec le FLN et le RND dans des dizaines d’APC et d’APW. Et dire que quand le FFS a été créé en 1963, aussi bien que le RCD né en 1989, c’était en grande partie pour se battre contre le même FLN et ses pratiques malsaines et destructrice.

Tahar Khellaf