Ali Yahia Abdennour : « Le pouvoir algérien est raciste »

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Ali Yahia Abdennour
Ali Yahia Abdennour

ALGÉRIE (Tamurt) – Suite à l’éclatement de l’affaire de son logement, l’avocat Ali Yahia Abdennour vient de sortir de son silence en rendant publique une déclaration où il qualifie le pouvoir algérien de « sectaire, raciste et injuste ». « C’est la dictature qui a peur des hommes », ajoute Ali Yahia Abdennour. Revenant à son affaire, ce dernier souligne : « Après bien des péripéties, les appartements, dont l’UNIAL était propriétaire dans l’immeuble Lutécia (35, boulevard Bougara, Alger), ont été déclarés  » biens vacants  » en 2014. L’UNIAL a assigné en justice cinq de ses locataires et a demandé leur expulsion ; elle a été déboutée de son action. 

Sur les cinq locataires assignés en justice, quatre d’entre eux ont régularisé leur situation depuis 12 mois par l’achat de leur appartement auprès des Domaines. Sauf le cinquième, moi-même, alors que j’occupe l’appartement, sans interruption, depuis l’été 1962 ».  Ali Yahia Abdennour explique qu’il faut rechercher la vérité et la dire quoi qu’il en coûte ; c’est là une question morale et une exigence politique. « La direction des Domaines a le devoir d’appliquer la loi sur les  biens vacants à tous les citoyens, et ne peut en exclure certains pour des raisons inavouées. 

Je condamne avec vigueur et rigueur cette direction qui me prive d’un droit élémentaire, au même titre que les autres habitants de l’immeuble Lutécia. C’est du sectarisme qui conduit à l’intolérance, qui ne relève pas de sa responsabilité », précise Ali Yahia Abdennour. Ce dernier condamne cette injustice, ceux qui l’ont inspirée, et ceux qui l’ont appliquée. « Il y a déni de justice de la part du directeur des Domaines qui me refuse le bénéfice de la loi sur les biens vacants au même titre que les tous autres. Le ministre des Finances qui a la tutelle des Domaines n’a pas corrigé cette erreur et faute, qui relève du règlement de comptes », estime le militants des Droits de l’Homme. 

Et d’ajouter : « Le Premier ministre, qui a couvert et ordonné cette injustice, sait qu’elle offense le droit et l’égalité des citoyens devant la loi. Elevé par le président Liamine Zeroual à la fonction de chef du gouvernement, il s’attaque et tente de détruire les militants qui défendent les libertés quotidiennement bafouées, altérées, aliénées. Après la prison et la surveillance permanente du DRS, le lanceur d’alerte, qui agit pour le bien et l’intérêt général, rend compte à l’opinion publique de la réalité politique du pays, en évaluant les effets pervers et négatifs de cette politique parce qu’il défend une position fondée sur l’éthique et la responsabilité ». 

La liberté, explique Ali Yahia Abdennour, ce n’est pas la liberté du pouvoir, de ses clans, des partis politiques qui le soutiennent, de l’administration centralisée et centralisatrice, envahissante et étouffante ; c’est la liberté de celui qui pense autrement. « C’est le droit à la dignité humaine à laquelle il faut être attaché par devoir, par conviction, par détermination et intelligence du cœur. Il n’y a rien d’absolu sauf la force de rester fidèle à ses convictions, à ses engagements, quels que soient les risques et les périls », conclut Ali Yahia Abdennour.

Tarik Haddouche