Allaoua Rabhi : la majorité des membres de l’académie n’ont rien à voir avec tamazight

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Dr. Allaoua Rabhi
Dr. Allaoua Rabhi

KABYLIE (TAMURT) – L’avis de l’universitaire Allaoua Rabhi, l’un des premiers universitaires kabyles à avoir obtenu un doctorat en langue et culture amazighes (université Abderrahmane Mira de Bgayet), au sujet de l’académie algérienne de langue amazighe, a été enfin donné publiquement. Allaoua Rabhi a révélé que la majorité des membres de cette académie n’ont rien à voir avec la langue tamazight.

Allaoua Rabhi n’a pourtant pas fait le choix de donner son avis de manière crue pour ne pas froisser sans doute le président de cette académie Mohamed Djellaoui, qui est l’un de ses confrères dans les départements de langue et culture amazighes des universités de Kabylie. Mais Allaoua Rabhi n’a pas pu cacher ses vérités qu’il a livrées au sujet d’une académie qui commence à être discréditée avant même d’avoir été officiellement installée. Allaoua Rabhi a illustré ses propos ainsi : « C’est comme si je faisais moi-même partie d’une académie de langue arabe ». Allaoua Rabhi a ainsi tenté de caricaturer la composante de l’académie algérienne de langue amazighe en dénonçant le fait que les vrais spécialistes en linguistique berbère y sont exclus. Alors que la majorité écrasante (et pas tous, a-t-il insisté) ne sont dotés d’aucune vocation pour la recherche dans le domaine de la langue amazighe.

En outre, Allaoua Rabhi est allé jusqu’à affirmer que cette académie de langue tamazight ne fera absolument rien et les prochains mois et les prochaines années nous le démontreront. Allaoua Rabhi, dont le parcours universitaire et militant pour l’amazighité ne souffre d’aucun équivoque a, en outre, déclaré que trois années après l’officialisation de la langue tamazight en Algérie, rien, absolument rien, n’a changé sur le terrain et concrètement. « Les textes changent sur les papiers mais dans la réalité, la situation reste toujours la même concernant la langue tamazight », a ajouté Allaoua Rabhi qui est un universitaire libre et ayant toujours refusé de faire des compromissions au détriment de ses principes et de ses convictions en contre partie de privilèges comme le font allègrement et volontiers certains opportunistes notoires.

A propos du choix des caractères de transcription, devenu le cheval de bataille de pas mal d’intrus voire de charlatans de « l’amazighité », Allaoua Rabhi a rappelé que depuis un siècle, la langue tamazight s’écrit en caractères latins. « Est-il vraiment censé de venir aujourd’hui remettre en cause tout le travail de plusieurs décennies pour tenter d’imposer un faux débat sur cette question afin de semer la zizanie ? », s’est interrogé Allaoua Rabhi.

Tarik Haddouche