Alors qu’Ait Ahmed a dépêché Mohand Amokrane Cherifi et Salima Ghozali pour arbitrer : Les listes des législatives minent le FFS, et Hannachi entre en scène

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KABYLIE (Tamurt) – La confection, à couteaux tirés, des listes pour les prochaines législatives n’est pas seulement l’apanage des partis du pouvoir. Même ceux se réclamant de la mouvance démocratique et qui « espèrent » apporter un brin d’espoir à leurs électeurs, tombent fatalement dans le même procédé, la guerre entre militants. Au Front des forces socialistes, (FFS), « un parti qui sauve le régime tous les dix ans », dixit un militant autonomiste, référence faite à sa participation à la prochaine mascarade électorale et à celle de 2002, les rangs du parti risquent de connaître la crise la plus dangereuse de son histoire. Ainsi, selon une source à l’intérieure même du parti, « la confection des listes ne répond à aucun critère de militance », mais « à des considérations viles et mercantilistes ».

A Bougie, où le parti d’Ait Ahmed a opté pour Arezki Derguini, comme tête de liste, les militants du plus vieux parti de « l’opposition », fait face à une contestation des plus coriaces. Ainsi, les mécontents menacent de quitter le parti si « la commission de recours n’exclut cet individu des rangs du parti ».

On accuse, au fait, la direction du FFS « d’avoir coopté un ex-militant du FIS, candidat au législatives de 1991 pour le mettre à la tête de la liste FFS de Bougie ». Plusieurs militants du parti, à l’instar de l’actuel Président de l’APW, ont vu leurs dossiers rejetés « sans aucune explication ». D’autre militants vont jusqu’à accuser la direction d’avoir fait le jeu de San’t Egidio pour imposer des « FISistes » sur la liste d’un parti qui se « dit démocrate ».

Même son de cloche à Alger où Ahmed Djedaï et Dalila Taleb sont écartés de la course aux législatives pour imposer « Me. Bouchachi et permettre ainsi à un cousin de chef charismatique de prendre les rênes de la Ligue de droits de l’Homme ».

A Tizi-Ouzou, la plus importante fédération du Front n’échappe pas à cette logique. Plus grave encore, c’est « à la logique clientéliste et mercantile que la direction répond ». On évoque même un marchandage de listes qui ne dit pas son nom.

Hannachi pour imposer Tabou et l’avocat de la JSK

Selon notre source, « l’argent qu’a détourné Tabou en étant 1er secrétaire du parti sera remboursé par le boss de la JSK ». Il s’agit de quelques 5 ou 6 millions de dinars que l’ex secrétaire national du FFS avait subtilisés durant ses deux mandats à la tête du Front. « Karim Tabou avait même arnaqué des hommes d’affaires en leur promettant de figurer sur les listes du parti lors de ces législatives », a encore informé notre source, qui a ajouté que « Tabou a eu un appartement à Alger de la part de l’un des prétendants à la candidature ».

Questionnée sur les raisons du maintien de Tabou en 2e position sur la liste du FFS et l’irruption de Hannachi dans une affaire interne au parti, notre source a souligné que « Hannachi est un ami proche des Bahloul, ces derniers détiennent tout au FFS », a-t-elle précisé. Et d’ajouter que « Hannachi s’en est pris à tous les acteurs politiques de la région, sauf au FFS », car, « il espère que ce parti allait le sauver dans ses magouilles à la JSK ». Devant cet état de fait, des militants du FFS menacent de « rendre ces magouilles publiques », si la situation reste en l’état, a-t-on aussi appris auprès de notre source.

Un autre informateur a ajouté, par ailleurs, que « le 5e de la liste du FFS de Tizi-Ouzou est un proche de Hannachi ». il est « Avocat du club et ami des Bahloul ». Donc, Hannachi a investit « un argent fou pour avoir ses éléments à l’intérieur du parti afin de défendre ses intérêts ». Par rapport au lâchage de Tabou par les Bahloul, nos deux sources ont souligné que « malgré la relation familiale qui les lie, les Bahloul ont d’autres intérêts à défendre avec d’autres militants et de l’argent à engranger avec Hannachi qui est du même bord qu’eux ».

Salima Ghozali et Mohand Amokrane Cherifi pour apaiser les appétits

Par ailleurs et devant cette situation critique que traverse le FFS, on nous signale que le chef du parti, depuis son exil helvétique « a dépêché, pour cet après-midi ou demain matin, Mohand Amokrane Cherifi et Salima Ghozali pour arbitrer et mettre fin à ces dissensions », surtout que la contestation a gagné le siège national du parti à Alger « qui ne désemplit pas depuis que l’information concernant les listes est rendue publique par certains titres de presse ». A préciser que la date butoir pour le dépôt des listes est fixée pour lundi, donc, dans moins de trois jours.

Enfin, il se dit que tous les candidats à la candidature « sont au courant des négociations secrètes entre le chef du parti et le pouvoir occulte pour au moins, une quarantaine de sièges, comme quota du FFS ».

Amghid Ilileli