Alors que le poisson meurt de vieillesse : La pêche ou le souffre-douleur de toute une région

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KABYLIE (Tamurt) – Les Kabyles, notamment ceux du nord, c’est-à-dire les habitants des côtes, préféraient alors cultiver la terre et s’initier à d’autres métiers artisanaux. Pourtant, la richesse maritime est inestimable. La biomasse est importante. Même la qualité du poisson dont le goût et la saveur sont de meilleure qualité, selon des pêcheurs qui indiquent aussi que cela est du au degré élevé du sel dans les eaux maritimes de la Kabylie.

Seulement, la pêche qui a pourtant toute la latitude de constituer une importante activité économique, donc source de richesses, n’a jamais fait l’objet d’un quelconque intérêt digne de ce nom des pouvoirs publics qui annoncent tambour battant des programmes de relance jamais exécutés. Rien que de la poudre aux yeux. Des projets sont remis au placard. D’autres sont en souffrance.

Aucune volonté n’est affichée par l’Etat algérien de développer le secteur de la pêche en Kabylie alors que toutes les autres wilayas du pays sont dotées d’énormes infrastructures portuaires, sauf celles de Tizi-Ouzou et de Bougie. A titre illustratif, aucun chalutier n’active au niveau des deux villes côtières de Tizi-Ouzou, à savoir Tigzirt et Azeffoun. Les investissements ont jeté leur dévolu sur l’autre wilaya limitrophe. Ce n’est pas normal que la sardine ne soit pas disponible dans les deux petits ports de Tizi-Ouzou, alors que ce petit poisson pélagique, à la chaire tant appréciée, naguère appelé le plat du pauvre, se vend à des prix symbolique à Déllys, une ville de la circonscription de Boumerdès, située à quelques brasses seulement de Tigzirt, alors qu’au niveau de cette dernière elle est intouchable à cause de son prix élevé.

Pourquoi réaliser à coup de milliards un port de plaisance et de pêche à Tigzirt,- un port qui est devenu un parc d’attraction-, alors que les habitants de la région n’ont jamais goûté à plusieurs qualités de poissons de la région ? Le poisson meurt de vieillesse.

Questionné par un journaliste lors d’une visite de travail qu’il avait effectué en 2010 à Tizi-Ouzou sur la raison de la situation de non investissement dans le secteur de la pêche de l’Etat algérien au niveau des côtes kabyles, l’ex-ministre de la pêche, n’avait pas « mâché » ses mots pour donner une réponse qui en dit long.  » Pour la Kabylie nous avons décidé de maintenir la pêche artisanale, c’est-à-dire traditionnelle, pour garder l’aspect touristique de la région », disait Mimoune. Une déclaration claire comme l’eau de roche et qui démontre la volonté du pouvoir de ne jamais développer la pêche en Kabylie.

Izem Irath