Amar Ghoul n’est plus ministre : Bouteflika se débarrasse d’un autre pion de Tewfik

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AMAR GHOUL AVEC SAADANI

ALGERIE (Tamurt) – Amar Ghoul, l’un des plus grands opportunistes du régime algérien, vient d’être évincé du gouvernement après pas moins de dix-sept ans de présence.

Un véritable record quand on sait que ce désormais ex-ministre ne jouit d’aucune compétence particulière dans aucun domaine en dehors de l’art de courber l’échine. En plus, il s’agit d’un homme politique sans aucune carrure. C’est un piètre orateur dont la façon de s’exprimer en public sied plutôt à un imam illuminé qu’à un politicien. Amar Ghoul restera l’un des plus grands mystères de l’ère de Bouteflika. Une seule chose est en revanche sûre : Amar Ghoul est un pion du général remercié Mohamed Mediene, dit Tewfik.

Le DRS, en créant ses propres partis politiques au lendemain des événements d’octobre 1988 (dont le RCD, le MAJD de Kasdi Merbah  et le Mouvement de la société pour la paix (MSP) de Nahnah), il y a, bien évidemment,  injecté ses propres hommes. Amar Ghoul en faisait partie. À l’instar d’un autre opportuniste notoire, à savoir Amara Benyounes, Amar Ghoul n’a aucun riche parcours professionnel à faire valoir. À la surprise générale, quand le MSP avait décidé de soutenir Bouteflika après 1999, sur ordre de Tewfik, en optant pour l’intégration du gouvernement, c’est Amar Ghoul qui est choisi alors qu’il n’avait que trente-huit ans en plus d’un CV nul.

Compte tenu que le DRS avait la main-basse sur le MSP, aucune voix discordante n’avait osé  s’élever contre le choix d’Amar Ghoul pour siéger au nom du MSP au gouvernement, alors que ce parti avait des éléments dont le CV étaient beaucoup plus riche que celui, vide, de Amar Ghoul. Une fois que le torchon a commencé à brûler entre Tewfik et Bouteflika, le général surnommé « Reb Dzair » a ordonné à ses troupes de se retirer du gouvernement. Mais Amar Ghoul, ayant goûté aux délices de la corruption, a préféré jouer au déserteur. Il quitte le MSP et crée son propre parti, à savoir TAJ.  Et avec son jumeau, Amara Benyounes, il se lance, avec une grande performance, dans un marathon de brosse inédit dans les annales. En contre partie, Bouteflika le maintient au gouvernement.

Il s’avérera, plus tard, que Ghoul n ‘a pas entièrement divorcé avec Tewfik. Il gardait toujours un pied chez le général déchu. Il jouait un double jeu car, en opportuniste averti, il craignait qu’il y ait à tout moment un retournement de situation en faveur de Tewfik. Ce n’est qu’avec le limogeage du général major, que Ghoul changera de fusil d’épaule et se mettra à s’attaquer à Tewfik, pour être épargné par Bouteflika. Ce dernier le maintiendra le temps d’aider son clan à mener la campagne de dénigrement contre Tewfik. Après cette derrière basse mission, le clan de Bouteflika n’a pas hésité à éjecter Amar Ghoul. Et tout le monde s’interroge actuellement qui sera le prochain mouton à sacrifier bien que l’évidence laisse entrevoir d’ores et déjà quelques noms.

Tahar Khellaf pour Tamurt