Amara Benyounès directeur de communication de Bouteflika

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Amara Benyounes
Amara Benyounes

ALGERIE (TAMURT) – Drôle de coïncidence ! Les deux principaux candidats aux prochaines élections présidentielles en Algérie ont pour responsables, dans leurs directoires de campagnes, deux anciens numéros deux du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), un parti politique que de nombreux observateurs avisés n’hésitent pas à qualifier de « parti des généraux ». Les deux anciens numéros deux du RCD qu’on retrouve aujourd’hui dans les directoires de campagne en question sont : Mokrane Ait Larbi et Amara Benyounès.

Le premier était naturellement le numéro deux du RCD au lendemain de la création du parti. Quant à Amara Benyounes, il a secondé Said Sadi, au RCD, au milieu des années quatre-vingt-dix. Ainsi, après l’annonce de la désignation de Mokrane Ait Larbi comme directeur de campagne du candidat et ancien général-major à la retraite Ali Ghediri, voilà à son tour Amara Benyounès qui vient d’être nommé dans le directoire national de campagne du candidat-président Abdelaziz Bouteflika en se voyant confier le très sensible poste de directeur de la communication. Amara Benyounès aura donc à travailler sous la houlette de l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui lui, a été désigné officiellement directeur national de campagne de Bouteflika. Le choix fait de désigner Amara Benyounès, en dépit de son impopularité avérée et confirmée à maintes occasions dans toute la région de Kabylie, montre encore une fois, que le pouvoir algérien ne se soucie guère du sort que réservera la région kabyle à ces élections.

Ceux qui croient qu’un boycott massif de la région de Kabylie dérangera le pouvoir ou le clan présidentiel, se trompent lourdement. Car, si c’était le cas, les décideurs n’aurait jamais jeté leur dévolu sur Amara Benyounès pour lui confier le très sensible poste de responsable de la communication de la campagne. Ce choix, des plus absurdes, montre aussi que le pouvoir méprise la région de Kabylie puisque ce dernier a fait le choix de défier la Kabylie en imposant Amara Benyounès malgré et contre tout. La décence, compte tenu de l’impopularité de Benyounès en Kabylie, aurait exigé que ce dernier soit au moins désigné dans un poste moins visible et plus discret pour épargner à la Kabylie cet ultime manque de considération voire affront.

Si le souci des décideurs a été d’assurer un certain équilibre régional, comme il fait semblant de toujours faire, il aurait dû choisir une autre personnalité moins entachée de « mauvais souvenirs » dans la mémoire collective des kabyles. Mais où l’aurait-il trouvé ? Il fallait bien jeter un os pour récompenser les milles et un soutiens ridicules que ne cesse de ressasser lamentablement Amara Benyounès à l’égard de Abdelaziz Bouteflika. Et c’est désormais fait…en attendant le poste de ministre pour lequel Amara Benyounès est prêt à toutes les bassesses imaginables et inimaginables.

Tarik Haddouche