Amara Benyounes : du RCD au FLN

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BENYOUNES OUYAHIA OULD ABBES GHOUL
BENYOUNES OUYAHIA OULD ABBES GHOUL

ALGERIE (Tamurt) – Pensons une seconde à Mustapha Bacha, Matoub Lounès, Rachid Tigziri, Tahar Djaout et tant d’autres. S’ils venaient à jeter un regard furtif sur l’Algérie d’aujourd’hui et plus particulièrement sur la scène politique. Il verrait Amara Benyounes s’afficher fièrement à côté de Djamel Ould Abbès, secrétaire général du Front de Libération Nationale (FLN) avec lequel il vient encore de sceller un nouveau pacte et une autre alliance.

Quelles seraient leurs réactions, eux qui ont connu et bien côtoyé Amara Benyounes de très près, puisqu’ils appartiennent, plutôt, ils appartenaient à la même famille, celle qui avance ? De leur vivant, auraient-ils jamais imaginé une telle tournure des événements ? Leur sacrifice est-il à ce point vain ? Il y a une infinité de questions lancinantes et sans réponses à se poser en voyant avec quelle facilité Amara Benyounes, présenté pendant des années, comme un militant « exceptionnel » de la famille démocratique et berbériste en Algérie. Amara Benyounes était même le numéro deux du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) quand ce parti était à son summum au milieu des années quatre-vingt-dix.

Aujourd’hui, on ne reconnait plus Amara Benyounes qui semble avoir définitivement divorcé avec sa famille naturelle pour se marier avec ses ennemis d’hier. Une seule hantise l’habite toujours d’ailleurs, c’est quand quelqu’un ose lui rappeler son passé « démocratique et laïc », dont il semble tellement avoir honte aujourd’hui qu’il est devenu le frère de Djamel Ould Abbès (FLN), Ahmed Ouyahia (RND) et l’islamiste Amar Ghoul (TAJ). Malheureusement pour la démocratie et pour la Kabylie, Amara Benyounès n’est pas le seul. Il n’est ni le premier et il ne sera sans doute pas le dernier.

Tarik Haddouche