Ancien détenu dans les geôles du FLN : Ahmed Nekar réédite son roman « Ger debra d yefdisen »

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CULTURE (Tamurt) – L’écrivain en tamazight et ancien détenu politique de la cause berbère, Ahmed Nekkar, vient de rééditer l’un de ses premiers romans dans la langue de Massinissa, à savoir « Ger debra d yefdisen ». Le roman en question vient en effet de voir le jour pour la deuxième fois après l’épuisement de la première édition.

C’est la maison d’édition « Identité » de Tizi-Ouzou qui est à l’origine de la réédition de ce roman qui a été salué unanimement par la critique à sa sortie à la fin des années quatre-vingt dix et qui avait même obtenu le Prix « Mouloud Mammeri » du meilleur roman, décerné à l’époque par la Fédération des associations culturelles amazighes, que dirigeait Malika Ahmed Zaid en compagnie de son époux Idir Ahmed Zaid (l’un des vingt-quatre détenus du printemps berbère). Ahmed Nekkar n’a jamais cessé tout au long de sa vie de militer et de produire en tamazight.

A l’époque de la clandestinité, Ahmed Nekkar était militant dès son âge et c’est en tant que lycéen qu’il allait être « kidnappé » par la sécurité militaire et jeté en prison pour avoir défendu sa langue tamazight et fait la promotion des caractères tifinaghs ainsi que des campagne de sensibilisation visant à éclairer les kabyles sur leur vraie culture qui n’a rien à voir avec l’arabo-islamisme. Puis plus tard, Ahmed Nekkar a décidé de se consacrer à un autre créneau également efficace.

C’est celui de l’écriture et de la production livresque. Il à son actif plus de dix livres, tous en tamazight édités et d’autres en état de manuscrits. Il s’agit de romans, de contes, de traductions vers tamazight ainsi que des manuels parascolaires de langue amazighe. Parmi ses livres, on peut citer les romans « Ger devra d yefdisen », « Yugar icarig tafawets », « Allucha di tmurt n tirga », etc.  Ahmed Nekkar est un exemple à suivre et une fierté pour toute la Kabylie car, durant toute sa vie, il n’a pas dévié de sa trajectoire et il n’a jamais renoncé à ses convictions, contrairement à une partie d’autres  militants de la cause berbère, qui aujourd’hui, ne savent plus sur quel pied danser, car ayant été séduits et happés par le goût des privilèges matériels qu’offre les compromissions avec le pouvoir algérien.

Tahar Khellaf