Anniversaire du 1er novembre : Algérie, le fleuve détourné

7
héros de la révolution algérienne

ALGERIE (Tamurt) – En ce soixante-deuxième premier novembre, après le déclenchement de la guerre d’indépendance, l’Algérie aurait pu célébrer cet événement avec faste en étant devenu un grand état démocratique, laïc, ouvert sur le monde et l’universalité où tout le monde aurait eu sa place quelle que soit sa langue, sa culture ou sa confession religieuse.

Hélas, ce n’est pas le cas. Bien avant l’indépendance, les loups étaient déjà embusqués et attendaient que le moment opportun arrive afin de surgir du néant et confisquer une indépendance chèrement payée. Après 1962 et après des sacrifices surhumains consentis par des millions d’hommes et de héros, l’Algérie a été kidnappée. Elle s’est retrouvée entre des mains presque étrangères. « On a chassé la France pour se retrouver entre les mains de l’Egypte », commente un ancien maquisard de Tizi-Ouzou. Ben Bella prend le pouvoir de force et chasse tous les hommes qui auraient pu le déranger aussi bien par leur stature (Ben Bella en avait-il une ? Etait-il instruit ?…) que pour leur passé glorieux. Le premier Président de l’Algérie indépendante, dont le seul CV, était l’illégitimité, a d’abord braqué son arme contre les kabyles et tous les berbères d’Algérie puisque la phrase la plus célèbre clamée par Ben Bella a été la fameuse, « Nous sommes des arabes », martelée trois fois.

La période de Ben Bella n’a certes pas duré mais elle a auguré de la catastrophe vers laquelle allait se diriger le pays. En 1965, un autre dictateur, Boumediene, prend le pouvoir et dirige le pays d’une main de fer. Les assassinats politiques se succèdent alors et tous les kabyles qui tentaient de mener un combat pour la liberté confisquée et pour leur identité, non seulement niée mais aussi combattue avec terreur, était tout simplement jeté aux gémonies. La période de Boumediene n’a été qu’une suite logique de celle de Ben Bella. Et quand Chadli arrive, c’est pour achever la sale besogne. Il y a le printemps berbère de 1980, les événements d’octobre de 1988 puis la guerre civile des années quatre-vingt-dix qui ont réduit presque à néant ce bijou laissé par des millions de martyrs. La vraie histoire sera-t-elle écrite un jour ? En attendant, les opportunistes, continueront à chanter kassaman à tout bout de champs pour tenter encore de duper le peuple.

Idir Ait Djennad