Anniversaire – 21e Commémoration de l’assassinat de Dda Lmulud MAMERI

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Est-il nécessaire de présenter cet homme qui a fait couler des rivières d’encre et dont les ouvrages ont été traduits en plusieurs langues dans le monde, y compris en chinois? Certaines de ses œuvres sont un patrimoine protégé par l’UNESCO, alors que chez lui en Algérie, de façon intentionnelle et discriminatoire, Dda El Mulud et ses oeuvres sont toujours censurés pour crime de berbérité en général et de kabylité en particulier.

Ce rejet de tout ce qui est Kabyle en Algérie n’est pas né d’aujourd’hui et ce déni n’est pas le fruit du hasard tout comme cet « arbre assassin » qui n’attendait que le passage de Mulud MAMMERI en voiture pour lui tomber dessus. Je dirais « un arbre à la solde du régime »! Et si réellement c’était un arbre qui l’avait tué, je suis persuadé qu’il n’est pas une essence locale, un olivier n’aurait jamais tué Dda EL MULUD. Il est à penser que tout ce qui relève de ce pays est devenu douteux donc capable d’assassiner, d’assassiner pas n’importe qui, mais la crème et ce que la Kabylie a de meilleur : Abane Ramdane, Djaout, Matoub Lounes ou Ameziane Mehenni… et tant d’autres encore!

Du haut du ciel, ils nous témoignent et entretiennent notre mémoire pour l’éternité, à leur tête Dda LMULUD

Jusqu’à quand allons-nous accepter de nous laisser assassiner sans réagir? Jusqu’à quand allons-nous nous faire dénigrer sans prendre les mesures qui s’imposent? Tenons-nous à nos vieux principes et à notre morale séculaire. Ne prônons-nous pas dans nos adages que « qui te fuit d’une coudée éloigne-t’en d’un pied »? Allons-nous continuer de subir et toujours tout en nous cantonnant dans cette léthargie qui est l’expression d’un manque de dignité?

C’est, de toute évidence, une forme de lâcheté de notre part et une inconformité par rapport à nos traditions dont le modèle est aussi bien la révolte contre le colonialisme (1954-1962), la révolte contre le néocolonialisme algérien (1963-1964 avec le FFS), la révolte du printemps berbère de 1980 dont Dda Lmulud était à l’origine, le boycott scolaire, de 1994-95, la révolte ayant suivi l’assassinat de Matoub Lounes en 1998, ou enfin la révolte du « Printemps noir » en 2001. Nous ne devons plus nous taire ou nous laisser faire par un pouvoir antikabyle et raciste. Le peuple kabyle mérite reconnaissance et consécration.

C’est à l’occasion de ce trentième anniversaire du printemps de 1980 qui nous rappelle le serment fait à Dda Lmulud, ce 9e anniversaire du printemps noir qui nous rappelle le serment fait aux martyrs de ce récent épisode de notre histoire que nous avons le devoir de réagir. Allons tous marcher le 20 avril à Tuβirett, Bougie et Tizi-Wezzu. Observons une grève générale le 20 avril 2010 pour que les marches soient grandioses et crions à la face du monde que la nation kabyle est en marche.

Rester là impassible à rêver de meilleurs jours ne sera probablement pas une solution aux problèmes que connait notre chère kabylie, victime du régime algérien. Ses enfants doivent se prendre en main pour être les dignes héritiers de nos plus lointains ancêtres.

GHERAB Abdellah