Anniversaire du Congrès de la Soummam : On parle de tout sauf de l’assassinat de Abane Ramdane

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Mort d'Abane selon El moudjahid

ALGERIE (Tamurt) – Depuis quelques jours, tous les regards sont braqués, en Algérie, sur le soixantième anniversaire du congrès de la Soummam. Le pouvoir algérien a actionné l’ensemble de ses relais aussi bien dans le mouvement dit associatif que les partis politiques et les médias pour orienter les projecteurs sur l’anniversaire du congrès de la Soummam en mettant en valeur le rôle incontestable joué par Abane Ramdane, qualifié d’architecte dudit congrès.

Il est clair que dans la démarche du pouvoir, il s’agit, comme c’est le cas pour bien d’autres événements historiques et symboliques, de récupérer un événement lequel, s’il venait à être occulté, pourrait servir à des gens beaucoup plus sincères. Mais là où le pouvoir algérien ne peut pas se sentir à l’aise concernant le congrès de la Soummam, c’est l’assassinat par ses « frères » d’Abane Ramdane. A la veille de la commémoration du soixantième anniversaire du congrès de la Soummam, on parle presque de tout en Algérie mais personne n’évoque point l’assassinat de l’enfant d’Iazouzen dans la région de Larbâa Nath Irathen. Tout le monde a pourtant une idée bien précise sur qui sont les commanditaires et les exécuteurs de l’ignoble assassinat, perpétré en 1957 à Tétouan au Maroc. Le comble, c’est que même les auteurs des grands mensonges qui disaient et écrivaient même que Abane Ramdane était tombé au champ d’honneur, n’ont pas hésité à tremper leurs plumes dans l’encre du mensonge, pour raconter Abane Ramdane et le congrès de la Soummam.

L’exemple le plus édifiant est celui de l’ancien chef du gouvernement et signataire des accords d’Evian, Rédha Malek. Ce dernier n’a pas hésité à s’exprimer cette semaine à la même occasion dans un quotidien algérien. Mais, comme tout le monde ne le sait pas peut-être, Rédha Malek était directeur du journal El Moudjahid où fût publié le grand mensonge selon lequel Abane Ramdane serait tombé au champ d’honneur. Or, Rédha Malek était bien placé pour savoir qui a tué Abane Ramdane. Et même cinquante-sept ans plus tard, Rédha Malek refuse ne serait-ce que d’effleurer la question. Quelle crédibilité accorder à tous ces gens-là qui continuent d’écrire l’histoire à leur manière, en taisant ce qu’ils veulent et en livrant ce qui leur semble utile.

Tahar Khellaf pour Tamurt