Aokas : L’adjoint du maire menace le journaliste Kamel Medjdoub

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APC d'Aokas
APC d'Aokas

AOKAS (Tamurt) – Décidément, la liberté d’expression est dans de sales draps en Algérie. Après la prison et le blocage des journaux électroniques libres, on passe à une autre étape, la menace de mort. En effet, le journaliste d’El Watan, exerçant au bureau régional de Bgayet, Kamel Medjdoub, vient de rendre publique l’information selon laquelle il a fait l’objet de menaces de la part du vice-président de l’assemblée populaire communale d’Aokas. « Le vice-président de l’APC d’Aokas vient de me menacer au téléphone pour avoir écrit une première fois, comme tout le monde, que l’agression qui a coûté la vie au pauvre Zoubir Aïssa a eu lieu dans cette ville », révèle le journaliste Kamel Medjdoub.

Ce dernier ajoute : « Je chercherai après toi, m’a-t-il lancé sur un ton colérique avant de raccrocher aussitôt, comme au plus fort des années de plomb où le journaliste était voué à la lame des égorgeurs. Pour moi la chose est très grave ». Les réactions d’indignation ne se sont pas faites attendre suite à cette menace. En effet, l’écrivain Brahim Tazaghart a exprimé hier toute sa solidarité et son soutien au journaliste Kamel Medjdoub, « menacé par un vice-président de l’APC d’Aokas, suite à un article qu’il avait publié sur les colonnes du journal El Watan ».

Brahim Tazaghart, qui est aussi l’un des éditeurs de livres les plus importants de Kabylie ajoute : « C’est là une atteinte intolérable à la liberté de la presse ; une agression grave contre la sécurité d’un journaliste dans l’exercice de son métier, que je dénonce. Que cet élu se concentre sur l’exercice de ses fonctions au service de la population d’Aokas, nullement responsable du drame commit par des voyous qui existent partout de par le monde, au lieu de jouer au seigneur de guerre ! ». Brahim Tazaghart ajoute, en outre :

« Il y a mort d’homme ! Il y a une violence qui s’installe dans la société ! Il y a un manque de civisme terrifiant ! Il y a une absence terrible de l’Etat qui menace la cohésion nationale ! Aokas, Souk Letnine, Boukarik ou Constantine, le même mal est partout. Il faut une réponse globale, courageuse, pensée, qui ne peut se construire sur les lamentations de quelques responsables et quelques plumes qui font dans la réduction et dans l’auto-flagellation ». « Bgayet, qui souffre le martyrs, est à l’image de Ghilizane, Ouargla et autres régions délaissés. C’est tout le pays qui étouffe et qui doit être secouru », conclut Brahim Tazaghart.

Tarik Haddouche