Aokas : Incivisme et prolifération des lieux de débauche

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – La ville d’Aokas, située à 20 kilomètres à l’est de la ville de Bougie, est l’une des plus belles régions que compte la basse Kabylie. Cependant, ces derniers temps, la paisible cité balnéaire a perdu son charme d’autrefois à cause de la multiplication de plusieurs fléaux sociaux, qui sont, sans cesse, en croissance. Pour en finir avec cet incivisme, les citoyens de cette région ont décidé d’interpeller les autorités sur cette situation alarmante. « Jamais de mémoires d’Aokassiens, la ville n’a offert un spectacle aussi affligeant d’une cité livrée à tous les fléaux.

Violence, banditisme, insalubrité publique, nuisance sonore, prostitution. Voilà ce qui a marqué la saison estivale qui vient de s’écouler dans un silence accablant des élus locaux, des partis dits d’opposition, du mouvement associatif, des autorités locales. Tout cela avec la complicité, voire la bénédiction, d’une partie importante de la population locale émargeant auprès d’une faune en pleine expansion, constituée essentiellement de malfrats et de proxénètes. Que l’on juge du bien-fondé de de ce constat en examinant les faits saillants de cette décadence que personne ne peut prétendre ignorer. Pour le gain facile, on n’hésite pas à violer l’intimité familiale et dégrader le cadre de vie de tout le voisinage.

Location de maisons, de locaux et toutes sortes de bâtisses à des personnes non identifiées, aux mœurs souvent suspectes. Création de pseudo-hôtels, et d’auberges douteuses dans les quartiers et villages par des énergumènes obnubilés par l’argent facile», peut-on lire dans une déclaration des citoyens affichée un peu par tout dans les rues de la ville. Selon les habitants d’Aokas, durant l’été dernier,

des domiciles familiaux, le centre culturel et des établissements scolaires étaient transformés en discothèques à ciel ouvert et soumettaient les moindres recoins de la localité à un matraquage en règle par la diffusion à plein volume de gémissements bestiaux en guise de musique. Il y avait aussi des baraquements à usage commercial et des tentes recyclées en maisons closes.

Sans omettre le banditisme, vols et agressions sur la voie publique, l’attroupement suspect faisant de certains endroits des zones interdites et des coupe-gorge, l’insalubrité publique et l’absence totale d’hygiène par la multiplication de dépôt d’ordures et de décharge sauvage…

« Face à ce péril qui nous menace dans notre intégrité en tant que corps social, il n’y a qu’une solution : agir par des actions pacifiques et citoyennes à la mesure des défis à relever. Mais d’ores et déjà, le pourrissement peut être ramené à de moindres proportions par un train de mesures que les pouvoirs publics, dans leur ensemble, et les autorités locales, en particulier, sont à même de prendre en toute urgence : réouverture de la route de l’Hôpital, réhabilitation de tous les espaces publics illégalement squattés, interdiction des fêtes familiales et activités assimilées dans les établissements à caractère éducatif et culturel et application de la réglementation régissant la nuisance sonore et le contrôle permanent du mouvement des personnes au niveau des bars et des établissements hôteliers », enchaîne les protestataires dans leur déclaration.

Les habitants de la belle ville d’Aokas espèrent que les autorités interviendront pour ne plus refaire les erreurs du passé et permettre aux gens de mener leur vie dans la dignité. Notons enfin, qu’une importante marche a eu lieu, dans la région, ces dernières semaines pour dire halte à la « prostitution sauvage ».