APN bloquée : le silence intrigant de Bouteflika

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ALGERIE (Tamurt) – S’il y a bien une grande inconnue dans le grave conflit qui secoue l’APN algérienne, ayant engendré le gel de toutes ses activités depuis près de dix jours, c’est bel et bien le silence prolongé du président de la République Abdelaziz Bouteflika. Pour l’instant, aucune réaction n’a été enregistrée de la part de la présidence alors que le bras de fer entre les deux parties ne cesse de se corser et de prendre des proportions alarmantes.

Le silence de Bouteflika constitue en effet un véritable mystère. Il y a certes plusieurs autres points qui intriguent dans cette histoire mais celle de l’absence de toute réaction de la part de Bouteflika constitue la plus mystérieuse. Comment la présidence peut-elle rester insensible et ne rien faire face à que est en train de se transformer, doucement mais surement, en une véritable crise politique et institutionnelle en Algérie. Une crise qui va encore fragiliser un pays déjà connu pour l’absence de toute assise solide de ses institutions ? Pourtant, de l’avis de tous, il n’ y a que le président qui pourrait mettre un terme à cet imbroglio puisque même la loi est de son côté et lui accorde toutes les prérogatives en de telles situations y compris celle de dissoudre l’assemblée, une issue exclue à 100 % selon les propos de Ahmed Ouyahia, qui a l’habitude de s’exprimer au nom du pouvoir algérien.

L’autre question qui se pose est celle-ci : comment un seul homme, en l’occurrence Said Bouhadja, peut-il, à lui seul, tenir tête et défier voire narguer au même temps : la présidence de la République, les deux partis politiques les plus puissants du pays : le FLN (dont il est issu) et le RND, plus de 360 députés qui s’opposent à lui mais aussi à l’institution militaire, censée être sous l’autorité du président de la République. Il y a de quoi s’alarmer et avoir peur s’il s’avère que la crise n’est pas une mise en scène visant à reporter les élections présidentielles de 2019 après la dissolution de l’APN.

Si ce n’est pas le cas, on assisterait, en toute vraisemblance, à une sorte de coup d’Etat qui ne dit pas encore son nom. La communication floue et approximative qui entoure le blocage de l’APN, n’est pas pour clarifier les choses et éliminer les zones d’ombre, de plus en plus nombreuses.

Tarik Haddouche