Après 73 jours de grève de la faim – Les sans papiers de la ville de Lille suspendent leur grève

1

Les sans papiers grévistes de la faim de Lille ont décidé de suspendre leur mouvement de refus de s’alimenter. La décision a été prise suite au communiqué de la préfecture qui avait proposé une sortie de crise, le 12 janvier 2013.
Cette sortie de crise après que el préfet se soit engagé à prendre en « compte toutes les réalités personnelles du demandeur… En effet aucune décision d’admission au séjour ne peut intervenir, conformément à la règle du cas par cas acceptée par tous, sans un minimum de dossier… dès lors que les dossiers auront été déposés, un calendrier échelonné des examens et des réponses individuelles sera établi, en liaison avec les associations ». Une proposition qui a donné un brin d’espoir aux sans papiers et aux initiateurs de ce mouvement de protestation qui a perduré plus de deux mois. Le communiqué des associations (Emmaüs, CCFD-Terre solidaire, Cimade, Secours Catholique) de la codrese mandatée par le préfet pour sa proposition de «sortie de crise » précise qu’elle sont « intéressantes les dernières propositions du préfet consistant à délivrer un récépissé de séjour aux personnes grévistes. Ce délai de séjour provisoire permettrait ainsi à ces personnes de reprendre une alimentation, de se rétablir, de recevoir les soins et le suivi médical dont elles ont besoin. Il leur permettrait aussi de voir leur situation administrative examinée avec humanité par la préfecture, dans des conditions de sérénité et avec le temps nécessaire à une étude attentive de tous les éléments à faire prévaloir » (12/01/13).
Ainsi donc et comme n’a cessé de le demander le CSP59, après 70 jours, le préfet prend en compte la grève de la faim à travers les expressions « calendrier échelonné, bienveillant, minimum de dossier » et « examiner avec humanité » par le biais des associations de la codrese qu’elle a chargé de la « sortie de crise ».
Les sans papiers dont 4 sont hospitalisés depuis plusieurs jours ont décidé de suspendre ainsi leur grève de la faim en considérant que les autres engagements préfectoraux annoncés publiquement par communiqués sont acquis :
– le principe du droit de la défense argumentée des dossiers tous les mois au CSP59, ce que dit d’ailleurs la circulaire du 28 novembre 2012 et qui rappelons le est à l’origine de cette grève de la faim;
– la révision du règlement intérieur de la codrese dans le sens de prendre compte les éléments nouveaux permettant aux sans papiers de faire prévaloir son droit à la régularisation et la motivation argumentée des décisions de régularisation ou des refus;
– le traitement égal pour le Collectif Afrique (CA) d’être membre de la codrese au même titre que toutes les associations qui y sont déjà.

Devant ce développement de la situation, le CSP59 salue et félicite l’ensemble des sans papiers, des soutiens, des militants qui se sont mobilisés pour « briser la dictature de l’omerta imposée par le sarkozisme de gauche par les occupations de la Nonciature du Vatican, du siège du PS rue Solférino, des occupations des sièges du PS, des Eglises, des rassemblements et manifestations à travers le pays, etc. ». Ceci avant que le CSP59 ne lance un appel à poursuivre la montée en puissance des actions de protestations pour « montrer que la circulaire du 28 novembre 2012 est insuffisante pour réparer les dégâts causés par 5 ans de sarkozisme qui a libéré la parole xénophobe et raciste au sommet de l’Etat (Guéant, Hortefeux, Coppé, etc.) et a montré que pour des raisons électoralistes la droite républicaine pouvait tomber dans le piège de l’imitation du discours lepéniste et que le sarkozisme de gauche est aussi une réel danger ».

Samy Iris