Après la déliquescence du FFS et du RCD : quel avenir politique pour la Kabylie ?

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La kabylie et ses voisins
La kabylie et ses voisins

KABYLIE (TAMURT) – La dernière explosion qui a secoué le RCD, ajoutée au feuilleton interminable des guerres internes et fratricides dans les rangs du FFS, démontrent que ces deux partis sont en pleine déliquescence. Contrairement au poids qu’ils avaient au milieu des années quatre-vingt-dix, ces deux partis politiques ne représentent presque plus rien en Kabylie.

A l’aune de ce bilan et de ce constat incontestables, la question « de quoi sera fait l’avenir politique de la Kabylie » se pose sérieusement. Actuellement, un vide sidéral en matière de représentativité politique de la Kabylie est constaté. Certes, le courant indépendantiste a pris le relais pour offrir de nouvelles perspectives réelles et enthousiastes pour les citoyens kabyles, qui ont été déçus par le FFS et le RCD. Mais le fait que les militants et sympathisants du courant indépendantiste sont persécutés en permanence par le pouvoir algérien rend le jeu politique complètement fermé dans la région.

La menace islamiste, qui existe et qui est réelle, n’est pas du tout à sous-estimer. Surtout quand on sait que ce courant recrute principalement dans les franges de la société constituées de jeunes endoctrinés par le système éducatif arabo-islamique et dans les milieux des personnes qui sont sous l’influence permanente des discours islamistes radicaux prônés par les chaines de télévision privées algériennes ou étrangères. Si pour l’instant, la Kabylie est loin d’être une zone facilement accessible aux partis politiques islamistes, il n’en demeure pas moins que rien ne garantit que les choses n’évolueront pas dans le sens négatif dans le futur. La nature ayant horreur du vide, le FFS et le RCD étant pratiquement décimés, la courant indépendantistes étant persécuté par le pouvoir, on se demande quel sera l’avenir politique dans la région de Kabylie où aucun leader politique ne peut désormais s’exprimer au nom de la région en prétendant légitimement à une quelconque représentativité.

Il suffit de constater qu’aucun homme politique ne peut aujourd’hui animer un meeting dans une salle de mille personnes, voire moins. Il y a quelque temps, l’un des hommes politiques les plus célèbres de la Kabylie a animé une conférence devant quelques personnes dans une bibliothèque communale de la wilaya de Tizi Ouzou à l’occasion d’un salon du livre qui y était organisé. Il y avait, dans la salle, plus de chaises vides que de chaises occupées. La Kabylie a plus que jamais besoin d’un nouveau souffle politique qui soit démocratique, laique, moderne, émancipateur et résolument anti-intégriste. Qui en sera le ou les auteurs ? La question se pose plus que jamais.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Bien entendu, nous préférons ces deux partis, c’est que rien, au lieu des partis Kabyles, il y a encore et très nombreux. Sachez que certains Kabyles, y compris les politiques et aussi certains intellos ou journalistes kabyles n’ont encore pas tiré de leçons du passé. Mais, comment peuvent-ils retenir la leçon de l’arbisme criminel quand en 2002, le sand de nos jeunes etaient encore frais sur les pavés de Tizi ou à Vgayet, Zi lhoucine avait appeller a voter pour défier les arches qu’ils voulait soutenir. Alors que les Arches avaient appelé au boycotte des elections.

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