Après le musée offert par Bouteflika à Malika: La vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès, c’est fini !

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Lounès Matoub. Il buvait, le Christ aussi.
Lounès Matoub. Il buvait, le Christ aussi.

KABYLIE (Tamurt) – On n’entendra plus la revendication de la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès réitérée et ressassée à chaque fois que l’occasion se présente comme cela a été le cas depuis 1998. En effet, depuis que le président algérien Abdelaziz Bouteflika a offert, sur un plateau d’argent, un musée dédié à l’œuvre de Matoub Lounès, les voix qui réclamaient vérité, enquête, étude balistique, reconstitution des faits, convocation de plus de 50 témoins, etc. se sont subitement éteintes, comme il fallait s’y attendre d’ailleurs. Le prix du silence dans le cas de l’exigence de la vérité sur l’assassinat de Matoub  Lounès vaut, d’après ceux qui ont estimé sa valeur, un minuscule musée implanté dans le village natal du Rebelle, Taourirt Moussa.

Tout le reste n’est que littérature pour Malika Matoub, qui semble avoir choisi le camp adverse que celui sur lequel s’était aligné et assumé par son frère durant toute sa vie, à savoir le camp du pouvoir.  Malika Matoub ne trouve plus aucune gêne, plutôt, elle s’affiche avec une grande fierté, le sourire arborée comme pour mépriser les fans de Lounès Matoub, à côté de Azeddine Mihoubi, le ministre de la culture, dont les convictions arabo-baathistes, sont un secret de polichinelle. Il ne faut donc plus se faire d’illusion. Un musée, cela signifie plus de 10 milliards de centimes, au minimum.

Avec un tel budget, un minimum de transparence dans la réalisation de ce musée est exigée. Logiquement, s’agissant d’un projet étatique, c’est la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou qui en sera le maitre d’ouvrage. Mais les premières informations qui filtrent à Tizi Ouzou sur ce sujet laissent croire que l’enveloppe attribuée à la réalisation de ce projet, dont le but principal est la récupération de la mémoire de Matoub par le pouvoir mais aussi affaiblir la dynamique de liberté qui se construit autour du rebelle,  serait directement affectée à la Fondation Matoub Lounès, présidée par Malika Matoub.

C’est cette fondation qui serait chargée de tout le reste. Tout est clair maintenant. Quant à la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès, il y aura toujours « de jeunes militants naifs » qui continueront à la revendiquer même au prix de leur liberté et de grandes représailles. Et il ne faut pas s’étonner si Malika venait à les traiter, encore une nouvelle fois, de « soulards ». Mais comment ne pas boire devant une trahison pareille ?

Tarik Haddouche