Après Naima Salhi, Djaballah, Othmane Saadi : Les attaques racistes contre les kabyles se poursuivent

30

KABYLIE (Tamurt) – Matoub Lounès, Bessaoud Mohand Arav, Mouloud Mammeri et Ferhat Mehenni, tous n’ont pas échappé à la haine et au racisme d’un certain Nourredine Khettal, sorti d’où ne sait où et qui détient un accès facile déconcertant aux chaînes de télévision privées d’Algérie. Ces dernières se servent de lui, bien entendu, pour déverser leur fiel sur tous les kabyles et sur tous ceux qui les symbolisent à l’image de Matoub Lounès dont ce même Nourredine Khettal fait un objet de fixation intrigant.

Mercredi dernier, en soirée, ce Nourredine Khettal n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur les symboles de la Kabylie qui ne sont plus de ce monde pour la simple et bonne raison qu’ils ont osé corriger l’histoire en revendiquant l’Amazighité de l’Afrique du Nord. Une amazighité que réfute catégoriquement ce Nourredine Khettal pour lequel il n’y a que des arabes en Algérie.

Les propos de Nourredine Khettal auraient pu s’inscrire dans le registre de la liberté de l’expression s’il s’était limité à remettre en cause, de manière respectable et mesurée, les idées de ces symboles. Mais Nourredine Khettal a vite franchi le Rubicond en passant à l’insulte et en allant jusqu’à qualifier les indépendantistes kabyles dont Ferhat Mehenni d’être « pires que des terroristes ». Le drame c’est que Nourredine Khettal, dont on ignore tout, ne cache aucunement ses sympathies pour l’ex-Front Islamique du Salut, dissous pour avoir déclaré la guerre aux démocrates algériens au début des années quatre-vingt-dix.

La question lancinante qui se pose : comment le pouvoir voire la justice algérienne ne réagissent-il pas devant autant de haine frontale déversée par des énergumènes contre toute la population kabyle et ce, au moment même où ce même pouvoir fait mine de reconnaître politiquement la langue Tamazight, en décrétant notamment Yennayer (jour de l’an berbère) comme journée de fête nationale chômée et payée ?

Tahar Khellaf