Après que leur prix soit passé à 30 DA : Les ventes de Liberté et El Watan ont baissé de 50 %

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El Watan et Liberté

ALGÉRIE (Tamurt) – La crise économique et les restrictions touchant la liberté de la presse depuis quelques années en Algérie ont engendré une situation d’étouffement inédite qui affecte même les journaux les plus vendus. En effet, les deux journaux francophones algériens les plus vendus, à savoir Liberté et El Watan, ont vu leur vente  péricliter de la moitié depuis que leur prix de vente est passé d’un seul coup de 20 à 30 DA, il y a quelques semaines.

C’est la première fois que ces deux journaux sont confrontés réellement à une crise financière très complexe qui pourrait même remettre en cause leur existence. Car en plus de la disparition des grands placards publicitaires, les deux quotidiens privés sont de plus en plus boudés par les lecteurs pour une multitude de raisons. Certains observateurs n’hésitent pas à faire le lien entre la chute de ces deux quotidiens avec le départ du général Tewfik qui aurait été durant des décennies leur protecteur. D’ailleurs, ces deux quotidiens n’ont jamais écrit d’articles pour critiquer l’ancien chef du DRS. Bien au contraire, lorsqu’Amar Saadani, ancien secrétaire général du FLN a adressé des critiques sévères à Tewfik, Liberté et El Watan n’avaient pas hésité à prendre sa défense.

De son vivant, Hocine Ait Ahmed, ancien Président du FFS avait, à maintes fois, déclaré que derrière chaque journal algérien, dit indépendant, il y avait un général. En plus de ces quelques causes, il y a lieu de noter aussi que l’avènement de la presse électronique n’est pas totalement étranger au recul sensible des journaux en papier. La presse électronique jouit de beaucoup plus de liberté d’expression que les journaux « indépendants » algériens dont la majorité des directeurs sont des anciens journalistes d’El Moudjahid, organe de propagande de l’ex-parti unique, le FLN.

Tahar Khellaf