Après le retrait de Said Sadi, le RCD survivra t-il?

11
Said Sadi sur France2
Said Sadi sur France2

ALGERIE (Tamurt) – Avec le retrait de Said Sadi, dernière figure de proue de cette formation politique et son leader historique incontestable et le changement éventuel du nom du parti, c’est l’acte de décès d’un parti, qui a semé un grand espoir au début des années quatre-vingt-dix,  qu’on est en train d’enterrer.

Pourquoi et qui a intérêt à ce que le RCD (Rassemblement pour la culture et la Démocratie) disparaissent ainsi de la scène politique algérienne ? Malgré tout ce que l’on pourrait reprocher à Sadi Sadi, sa présence en tant que personnalité politique nationale active a toujours pesé. Malgré son soutien à Bouteflika en 1999, malgré ses volte-faces qu’on ne comprend souvent pas, Said Sadi est, qu’on le veuille ou non, un poids lourd de la politique, et ce n’est sans doute pas quelqu’un comme Mohcene Bellabas, aussi motivé soit-il, qui pourra avoir la prétention de pouvoir remplir le vide que Said Sadi laissera, même dans vingt ans.

La stature de Said Sadi ne courent pas les rues. Il ne s’agit pas ici de laver Said Sadi de ses dérapages mais plutôt de mettre en exergue sa pointure d’homme politique dont l’ossature est rare de nos jour. Avec le décès de Hocine Ait Ahmed et d’El Hachemi Chérif, la disparition de Said Sadi de la scène politique algérienne se fera sans doute sentir pendant longtemps. Si Said Sadi est critiqué, c’est parce qu’il suscite des attentes énormes chez les citoyens démocrates. Les attentes sont grandes, c’est pourquoi, quand Said Sadi trébuche, la déception est à la hauteur de l’importance qu’on lui confère.

Quant au RCD, en tant que parti, on doit dire que ça ne changera pas grand-chose. Cela fait plusieurs années que le RCD s’est délesté de sa sève et de sa verve de parti démocratique et laïc en perdant notamment tous les grands hommes qui l’ont bâti dans des moments très difficiles, quand les balles pleuvaient. La disparition de Said Sadi du paysage politique est certes un événement mais pas celle du RCD. Est-il temps de crier : « Le RCD est mort »,  comme il a été crié « Le MCB est mort, vive le RCD », il y a exactement 29 ans, le 9 février 1989 à maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou ? On le saura bientôt.

Tahar Khellaf