Après Said Bouteflika et Tewfik : qui sera le prochain ?

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Prison d'El Harrach Alger
Prison d'El Harrach Alger

ALGERIE (TAMURT) – Les citoyennes et citoyens algériens s’interrogent, depuis trois jours, quel sera la prochaine personnalité nationale ou homme d’affaires qui emboitera le pas à tous ceux qui ont été jusque-là écroués soit à la prison d’El Harrach ou à la prison militaire de Blida. La listes des anciens ministres, des chefs de partis politiques et des hommes d’affaires corrompu est, comme tout le monde le sait, très longue.

Les décideurs algériens vont-ils donc poursuivre cette opération de salubrité publique même si le prix à payer est de risquer d’embarquer des centaines voire des milliers de personnalités ayant le même profil que Said Bouteflika et ses comparses ? Ou bien ce qui se passe depuis l’arrestation de l’homme d’affaires Ali Haddad jusqu’à Said Bouteflika et le général Mohamed Mediene sont-elles juste des opérations de marketing politique voire des règlements de compte, comme le suggèrent pas mal d’observateurs de la scène politique algérienne ?

En tout cas une chose est sûre : si la campagne « anti-corruption », inaugurée par l’incarcération de Ali Haddad s’arrêtait subitement, cela confirmera inéluctablement la thèse du règlement de compte entre le chef d’état major de l’armée algérienne, le général Ahmed Gaid Salah, et les éléments des deux autres clans, celui de Said Bouteflika et celui du général Tewfik. Surtout quand on sait qu’entre le général Tewfik et le général Gaid Salah, les hostilités ne datent pas d’aujourd’hui ni d’hier mais elles remontent à plusieurs années voire à plusieurs décennies. D’ailleurs, le choix qu’avait fait Abdelaziz Bouteflika de nommer Gaid Salah à la tête de l’armée algérienne (en tant que chef d’état major et vice-ministre de la Défense) était motivé d’abord et avant tout par le fait que Gaid Salah ne s’entendait guère avec Tewfik qui était à l’époque l’homme numéro un du Département du Renseignement et de la Sécurité (ex-Sécurité militaire). On sait aussi qu’entre Gaid Salah et Ahmed Ouyahia, le courant n’est jamais passé. Ce qui est en revanche curieux c’est le fait que Gaid Salah se soit retourné subitement contre le clan de Bouteflika alors qu’il doit sa promotion et sa percée fulgurante dans les rangs de l’armée à Abdelaziz Bouteflika. Est-ce par stratégie et par souci de gestion de sa carrière militaire voire politique ?

En tout cas, le parcours de Gaid Salah ne reflète guère l’image négative d’incompétent que veulent lui accoler ses adversaires. Oser écrouer, le même jour, Said Bouteflika, le général Tewfik et Athmane Tertag relève d’un fait de guerre plus que d’une banale prouesse conjoncturelle. Pour revenir à notre sujet, pour l’instant, les indicateurs laissent croire qu’on assistera bientôt à l’interpellation des anciens ministres que sont Djamel Ould Abbès et Said Barkat. Les noms de Chakib Khelil et Amar Ghoul, cités respectivement dans les affaires de Sonatrach et de l’autoroute Est-Ouest, pourraient aussi figurer sur la liste des futurs personnalités à présenter devant le tribunal de Sidi Mhamed. Y en aura-t-ils d’autres ? Wait and see…

Tarik Haddouche

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