Assassinat de la petite Nihal : Des voix discordantes réclament la loi du talion La vendetta découle d’une violence latente de l’algérien dans sa globalité

19
Nihal Si Mohand

 

ALGERIE (Tamurt) – L’abominable crime contre la petite fille Nihal a suscité une vive émotion parmi les Algériens à telle enseigne que des voix discordantes en appellent à l’application stricto sensu de la loi du talion (El Kissas).

Un regain de violence tacite qui en dit long sur les séquelles de la décennie noire et du malaise profond de la société algérienne. Autrement dit, comment se fait-il que du jour au lendemain les médias, notamment la presse écrite et les chaines de télévision arabophones comme Ennahar, Echourouck, El Bilad…relayent en boucle la revendication citoyenne de recourir à la vendetta ? Œil pour œil, dent pour dent. Le hic est que la soi-disant justice algérienne ne bouge pas d’un iota pendant que le bas peuple s’érige en législateur et demande à ce que l’assassin de Nihal soit exécuté publiquement.

Ces mesures radicales sont l’œuvre des Talibans et autres obscurantistes qui ne reconnaissent nullement les droits de l’homme et la démocratie, et de loin la justice autre que divine. Pour étayer cette demande de vengeance, les promoteurs de cette loi évoquent un verset coranique appelant au kissas. « Ô vous qui croyez ! La loi du talion vous est prescrite en matière de meurtre : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Si l’ayant droit consent une remise de cette peine au meurtrier, ce dernier sera poursuivi modérément et il devra s’acquitter du prix du sang avec empressement. C’est là une mesure d’allégement et de miséricorde pour vous de la part de votre Seigneur. Mais quiconque transgresse, par la suite, ce compromis sera sévèrement sanctionné. La loi du talion constitue pour vous une garantie de vie, ô gens doués d’intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Dieu.  » [Sourate 2, versets 178 et 179].

Ces versets sur la loi du talion mettent en exergue la violence de l’islam. La loi du talion est connue de tous et a pour but la réciprocité d’un crime commis par un individu. Cette loi est sûrement l’une des plus anciennes et existe aussi dans le judaïsme et le christianisme. En substance, quiconque aura ainsi tué subira la peine du talion. Le talion consiste à remettre le meurtrier entre les mains des héritiers de sa victime. Ceux-ci peuvent le faire mettre à mort, lui pardonner, ou exiger le prix du sang (diya) ; ils ne sont autorisés à tuer que le meurtrier.

Dans ce vortex de violence palpable qui s’empare d’une bonne frange de la société algérienne, réclamant à cor et à dia d’infliger un tel châtiment, la mort contre l’auteur du crime, qui s’apparente ni plus ni moins à un acte de torture abominable au même titre que l’acte de l’assassinat en lui-même. Toutefois, les milliers de morts causés par la décennie noire n’ont pas autant suscité la loi du talion de la part de la populace, mais au contraire, elle a accepté la repentance et la concorde civile  sans piper mot. Et pourtant, des terroristes sanguinaires circulent en matamore et jouissent de privilèges accordés par les soins du pouvoir d’Alger à l’image de Madani Mezrag. Diantre, qui a osé demander la loi du talion contre ce barbare. Nada !  S’il est effectivement nécessaire que les auteurs d’une infraction rendent des comptes, exécuter un homme ou une femme de cette manière relève de Barbarie et serait contraire aux obligations internationales du pays en matière de droits des personnes. Par ces appels à la vindicte populaire, le laxisme du régime algérien ouvre la voie au meurtre et au meurtre réactionnel, car quand bien même l’ayant droit aurait plein pouvoir de demander l’application de la loi et se desserrer des carcans de l’obscurantisme.

Amnay