Assassinat de Zahia Kaci par l’armée algérienne: La paix en Kabylie est menacée par l’Algérie

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Zahia Kaci

KABYLIE (Tamurt) – Je présente mes plus sincères condoléances à la famille de la victime et m’incline à la mémoire de toutes les victimes de l’armée algérienne. L’G.P.K., après enquête sur le terrain, récuse la thèse du ‘‘dérapage’’ ou de ‘‘bavure’’ de l’ANP pour plusieurs raisons. Madame Kaci a emprunté un chemin éclairé très fréquenté par les piétons. Le motif de la nuit ne peut être invoqué pour justifier cette horreur.

En plus de l’éclairage public qui n’était pas défaillant cette nuit là, le commun des mortels peut reconnaitre de loin la démarche singulière des femmes kabyle se rendant ou revenant de cérémonies funèbres ou de festivités. Un militaire d’élite opérant de surcroit dans une caserne implantée au milieu d’un centre urbain, ne peut confondre l’allure de nos femmes avec la dégaine d’un groupe terroriste. Comment qualifier ce crime de bavure, quand on sait que les militaires ont continué à tirer sur Ouardia et Baya, les deux autres femmes qui accompagnaient la défunte Zahia, jusqu’au seuil de leur maison. L’impact des balles est perceptible à partir du lieu où le sang de Zahia a coulé jusqu’au seuil des maisons des deux rescapées.

Et comment ne pas exiger le départ de toutes les forces de l’ordre algérienne de Kabylie quand au lieu d’essayer de sauver Zahia qui gisait, en la transférant rapidement vers un hôpital, on l’enferme dans une caserne jusqu’à ce quelle rende l’âme? Et surtout pourquoi passer à tabac un Kaci qui ne cherchait qu’à s’enquérir du sort de sa cousine ?

Malgré cette profonde affliction et les humiliations publiques infligées par l’ANP aux citoyens de Fréha, au lieu de se rendre sur place pour atténuer la douleur de la famille de la défunte et de toute une ville sous le choc, les généraux algériens n’ont pas trouvé mieux que d’envoyer deux hélicoptères militaires munis de roquettes avec ordre de survoler des manifestants en colère à très basse altitude.

L’autre choc est le silence observé par la presse algérienne au lendemain le l’assassinat de Zahia. Aucun mot sur les raisons réelles de ce crime, aucune enquête sérieuse, rien. La presse algérienne a traité cet assassinat et ce comportement odieux des militaires et des responsables politiques comme un simple fait divers.

L’G.P.K., Gouvernement Provisoire Kabyle, invite les observateurs internationaux à constater nos allégations.
Soumettre la Kabylie par la violence est un crime et une impasse politique dans laquelle le régime algérien se fourvoie depuis 1963.

L’G.P.K. refuse de passer sous silence l’affaire, Zahia, que le gouvernement algérien s’empresse d’enterrer. Il interpelle tous les algériens et toute la communauté internationale et les chancelleries étrangères à ne pas être victimes de la propagande officielle mise en œuvre par des relais médiatiques aux ordres pour enflammer le patriotisme algérien à chaque fois qu’une image émouvante nous arrive de Palestine ou d’un pays dit frère, alors qu’il garde un silence criant sur les circonstances de cet assassinat inédit. L’G.P.K. dénonce l’hypocrisie et le cynisme des décideurs algériens, qui, en réalité, à l’instar du régime « frère syrien », ne se soucient guère de la personne humaine. Tout ce qui les intéresse est leur maintien au pouvoir.

Zahia Kaci, Tamurt.infoL’G.P.K. alerte l’opinion internationale sur la manipulation de la violence que le régime algérien tente vaille que vaille d’introduire en Kabyle et rappelle qu’en en plus des 3 villageois assassinés par des terroristes, qui sévissent au vu et au su des autorités, Zahia est après Dial Moustapha, ouvrier, et Goudjil Madani garde communal, la troisième victime kabyle à être assassinée par l’ANP en l’espace de 12 semaines. A ce constat triste et macabre, s’ajoutent des attentats Kamikazes en plein centre urbain à Tizi-Ouzou et Boumerdes et des incendies des forêts à Bejaia volontairement allumés par des militaires.
Nous savons que la guerre des clans au sommet de l’Etat algérien fait rage à chaque fois que des événements importants mettent en péril l’équilibre entre les membres le l’oligarchie. Nous savons que aussi le malaise généré par le soutien militaire apporté par Alger à Kadhafi et l’accueil de sa famille en Algérie n’est dû qu’à la lumière braquée sur toute l’Afrique du Nord par des pays décidés à combattre le terrorisme.

Le régime d’Alger ne pourra plus défendre son maintien au pouvoir par le prétexte qu’il représente un barrage contre le fascisme vert dont il est le principal promoteur à travers ses écoles. D’ores et déjà, il semble complètement désorienté. Maintenant que les subterfuges de Ben Ali, Moubarek, Khadafi, Assad… sont définitivement dévoilés, Alger tente de brouiller les pistes. La Kabylie, comme en 1998 et 2001, est encore une fois choisie par le pouvoir qui espère y rééditer ses plans tordus.

Nous interpellons l’opinion sur la légitimité de la revendication d’autonomie du peuple kabyle, confronté à un régime qui a programmé officiellement et publiquement l’éradication de la culture berbère et l’imposition de la culture arabo-islamique, considérée comme l’unique fondement de la nation algérienne. Le peuple Kabyle tient à préserver sa personnalité et sa culture millénaires tout en étant profondément attaché aux valeurs universelles et à toutes les cultures du monde.

München, le 15/09/2011

Lyazid Abid