At Djlil (Bougie): L’interminable enclavement

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La commune de Beni-Djelil, relevant de la daïra d’Amizour, est située à une distance de 65 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Bejaia. Le territoire de la commune est caractérisé par un espace montagneux très accidenté, qui s’étale sur une superficie de plus de 27.81 kilomètres carrés et regroupe une population de 8 921 habitants. Les habitants de Beni-Djelil réclament, sans cesse, leur droit au travail, au logement, aux soins et surtout à la culture, notamment pour les jeunes qui sont très marginalisés.

Autant de jeunes qui ont quitté l’école ou ont achevé leurs études supérieures sans voir un quelconque changement de leur quotidien morose. Les chances d’emploi sont si rares dans ce petit patelin. A part quelques opportunités dans le travail agricole saisonnier et le travail de bâtiment, il y a très peu de chance d’embauche. Pour ces raisons et bien d’autres, nombre de citoyens de la région ont quitté la terre qui les a vu naître et grandir. Les plus chanceux se sont fait une nouvelle vie, sous d’autres cieux plus cléments. Plus de 300 personnes se sont installées en France et au Canada rien que les dix dernières années. D’autres personnes ont « trouvé refuge » dans d’autres villes algériennes, à l’instar d’Alger, Oran, Constantine et Annaba.

Les moins chanceux sont là, près de leurs petites parcelles de terrain qui ne leur apportent pas grand-chose. La seule source, plus au mois importante pour les paysans, est bel est bien l’huile d’olive. Chaque année, hommes, femmes et enfants, passent des semaines entières dans leurs champs pour avoir quelques dizaines de litres du fameux liquide ancestral. Et ce n’est pas une activité très rentable, quant on sait que le litre d’huile d’olive est aux alentour de 400 à 450 DA. Face à cette rude situation, les habitants de la commune de Beni-Djlil se retrouvent, souvent, livrés à eux-mêmes. Au-delà de quelques initiatives privées, qui font bouger, un tant soit peu, l’économie locale, les autorités n’ont fait que très peu de choses. « C’est inconcevable de ne pas bénéficier des besoins les plus élémentaires en 2011. Par fois, pour un simple achat nous sommes contrait de se déplacer loin du village à plus de 20 kilomètres . Nous demandons le strict minimum : un cadre de vie propre, l’accès au logement et au travail. Certes, la crise a frappé tout notre pays. Cependant, notre commune a eu très peu de réalisations depuis l’indépendance. On nous a toujours promis le paradis lors des compagnes électorales et juste après la parenthèse est fermée », estime Kaci Aît Abdelmoumène, un jeune chômeur qui ne cache pas sa colère.

En attendant des jours meilleurs, ou plutôt des jours moins mauvais, les habitants de la commune de Beni-Djlil souhaitent l’avènement d’un changement positif, un vrai changement.