At Zmenzer : Kidnapping d’un investisseur par des terroristes

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – La victime, âgée de 38 ans, roulait à bord de sa voiture, une Golf, quand les terroristes, embusqués dans les fourrés, l’ont obligée à s’arrêter en la menaçant avec leurs armes de guerre, puis l’ont emmenée vers une destination inconnue. Selon notre enquête, les auteurs du rapt ne sont pas encore entrés en contact avec la famille du jeune investisseur. Et, par conséquent, la rançon n’a pas été encore demandée.

Notons que l’enlèvement de ce jeune investisseur, dont l’entreprise est spécialisée dans l’emballage, est de très mauvais augure, car en général, la reprise de tels crimes au bout d’une certaine accalmie en entraîne une multitude. Autrement dit, cela s’annonce mal pour le développement de la région par l’apport du privé. Au-delà de ce constat, un autre, plus terrible encore, s’impose. En effet, il n’y a qu’en Kabylie qu’il y a ce genre de crimes.

Si les opérations de rapt ne visaient que des personnes richissimes, logiquement il devrait y en avoir un peu partout en Algérie. Or, ces rapts ne se pratiquent qu’en Kabylie. Bien des hommes et des femmes sont connus comme étant de grands investisseurs ailleurs qu’en Kabylie se promènent comme bon leur semble à Tizi-Ouzou et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Aucune menace ou danger n’a jamais pesé sur eux. La lecture à faire donc est que d’un : c’est la Kabylie qu’on veut maintenir dans des difficultés économiques et de deux : ce ne peut être que des agents de l’État qui exécutent ce genre d’opérations criminelles.

La thèse qui viendrait contrarier celle que nous venons de mettre en avant prouverait alors que les terroristes et autres spécialistes du crime sont plus compétents et plus forts que les éléments des services de sécurités qui pullulent dans nos villes, nos villages, nos campagnes, nos maquis et nos forêts. Si les éléments des services de sécurité sont réellement plus forts — nous en sommes réellement convaincus — pourquoi est-ce que la sécurité n’est toujours pas revenue?

Le premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, et le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, M. Nouredine-Yazid Zerhouni, ont tous deux déclaré, il y a plusieurs années de cela, que le terrorisme était réduit à son état résiduel. Leurs propos même suggèrent une autre analyse de la problématique de la sécurité en Kabylie. F

Force est de reconnaître que l’État algérien est trouble. Parmi sa nombreuse composante humaine, il y a des éléments qui présentent un faciès des plus honorables devant le rideau, mais qui se transforment en bêtes sauvages des plus dangereuses une fois derrière cedit rideau.

Leur manière d’opérer est plus malhonnête que celle des grandes organisations maffieuses telles que la Cosa Nostra, la Cammorra, etc. Celles et ceux qui ne croient pas à cette réalité sont soit ignorants, soit lâches et hypocrites ou alors complices.

S.T