Ath Douala : Il a été tabassé par des policiers parce qu’il n’a pas jeûné, L’inquisition est de retour !

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – En effet, le jeune Rebaine Slimane, âgé de 36 ans et habitant le village Tadarth Oufella, dans la commune de Ath Douala, 20 km au sud est de Tizi-Ouzou, qui a été surpris en train de casser le jeûne par des policiers qui effectuaient une ronde dans la ville, a eu la plus mauvaise surprise qui puisse lui arriver. Il a payé le prix fort pour avoir bu de l’eau en ce jeudi, vers 16 h, à un moment durant lequel le thermomètre avait atteint un seuil insoupçonné.

Après une brève altercation avec les policiers qui n’avaient visiblement pas « aimé » le fait que ce jeûne eut étanché sa soif en plein mois de carême, les policiers se sont rués sur lui et l’ont tabassé avant de le conduire au commissariat. Il a été relâché environs une heure plus tard. Nous avons appris que la victime souffre de troubles psychiatriques. Slimane a déjà été hospitalisé par le passé, a-t-on indiqué.

Le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) a été le premier à dénoncer cette atteinte à liberté de culte, de conscience et aux libertés individuelles.
On se rappelle que durant le mois du jeûne de l’année 2010, d’autres actes propres à l’inquisition, ont été enregistrés partout en Kabylie. On citera les deux jeunes de Ain El Hammam dans al wilaya de Tizi-Ouzou qui ont été arrêtés pour non-observation du jeûne et traînés devant les tribunaux. Leur cas avait suscité, faut-il le rappeler une vaste chaîne de soutien internationale qui s’est mobilisée contre le procès. Des organisations internationales rappellent à l’Algérie qu’elle a ratifié les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme et notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Toujours durant l’année 2010, douze (12) autres « pécheurs» avaient été interpellés à l’intérieur d’un local fermé à usage commercial, sis au 1er étage d’un centre commercial, non loin du marché d’Ifri-Ouzellaguene, à Akbou, dans la wilaya de Béjaia. Leur seul tort, c’est de ne pas avoir observé le jeûne.

Déjà largement foulées aux pieds, les libertés fondamentales sont loin d’êtres acquises. « Ces actes renforcent l’image d’un pays intolérant où les différences religieuses sont malmenées et par une institution », regrette Ahmed. Il est vrai que l’intolérance religieuse fait de siennes. Vendredi dernier, des barbus ont tenté de fermer une église (salle de prière) au village El Madjen, dans la commune de Fréha, alors que les fidèles étaient en train de prier. Un affrontement a été évité de justesse.

Lounès O