Au terme de sa vie Ait Ahmed se rallie à son peuple

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Au terme de sa vie Ait Ahmed se rallie son peuple
Au terme de sa vie Ait Ahmed se rallie son peuple

(CONTRIBUTION DE KADER DAHDAH POUR TAMURT) – Dès son jeune âge Ait Ahmed a voué sa vie au nationalisme algérien. A 16 ans au lieu d’intégrer l’université, il a choisi le militantisme. Il a été  parmi les fondateurs de l’OS (organisation secrète) qu’il dirigea un an plus tard. Ait Ahmed a été le principal meneur du braquage de la poste d’Oran qui servi la révolution.

Recherché suite à la dissolution de l’OS,  il se refugia au Caire où il continua à militer. Il a été aussi parmi les créateurs du CRUA (comité révolutionnaire d’unité et d’action). C’est grâce à lui que la question algérienne à été inscrite à l’ONU. C’est encore lui qui a insufflé l’idée de création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) afin de dépasser les clivages engendrés par le Congrès de la Soummam.

A l’indépendance il s’est opposé à la dictature de Ben Bella, il fonda le FFS pour réclamer la démocratie et le pluralisme politique. Emprisonné par celui-ci, il s’évade deux ans après de la prison d’El Harrach.

Après avoir accomplie ses études de droit en Suisse, il passa  le reste de sa vie à défendre inlassablement la liberté, les droits, et la démocratie. Il jouissait d’un statut de grand homme politique éclairé et universaliste. Bill Clinton était son élève. Il aimait tout le monde. Mais le régime algérien qui l’a toujours méprisé et rejeté, pour sa kabylité a privé les différents peuples d’Algérie et d’Afrique du Nord de ses compétences et de sa clairvoyance. Ses  leçons d’humanisme, d’humilité et d’amour pour la liberté et la justice continueront auraient pu enrichir les futures générations kabyles.

Le fait qu’Ait Ahmed ait donné de son vivant des instructions pour être enterré en Kabylie, dans son village natal comme un simple citoyen et en refusant les honneurs de l’état Algérien à El Alia, semble être  un signe d’une vengeance envers ceux qui l’ont emprisonné et exilé pour ne pas leur donner une occasion de faire de la récupération politique à travers sa dépouille.

On peut dire sans avoir peur de se tromper qu’au crépuscule de sa vie, il a tourné le dos à l’Algérie arabo islamiste  qui l’a fait tant souffrir. Se sentir trahi par cette Algérie ingrate et pour laquelle il a sacrifié sa vie, ce geste est sans doute   un signe au peuple kabyle dont il est issu mais c’est aussi et sans doute un appel au secours à son peuple pour sauver sa dépouille des charognards d’Alger.

Kader DAHDAH  (Ancien candidat FFS aux législatives de 1991)