« Aujourd’hui, il y a un rêve qui se construit »

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Ferhat Mehenni en conférence a tizi wezzu
Ferhat Mehenni en conférence a tizi wezzu

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Dans le cadre d’une téléconférence, retransmise sur écran à l’auditorium de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, et où l’espace universitaire était plein à craquer, Ferhat Mehenni a déclaré, dès son intervention, que l’Algérie n’est pas une nation mais « une mosaïque de nations ».

Dans un kabyle que l’on lui connaît « châtié », le Président du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) et non moins fondateur du MAK ainsi que l’un des principaux architectes du mouvement 1980 et plus tard l’instigateur de la Grève du cartable (I994), a fait ensuite l’historique de la Kabylie en remontant jusqu’à l’époque ottomane pour démontrer que son peuple a été indépendant de toute tutelle étrangère dont celle même des Turcs.

Le conférencier citera aussi l’exemple de la taxe de passage dont s’acquittaient les Kabyles envers l’administration turque quand ils quittaient le pays kabyle pour se rendre quelque part, à Constantine par exemple. Ferhat Mehenni apprendra à l’assistance qu’il n’a été mis fin à l’autonomie de la Kabylie qu’en 1857 par l’envahisseur français, plus fort militairement. Retour ligne automatique
Le conférencier n’omettra pas cependant de signaler que la résistance kabyle pour défendre son territoire et son ordre établi de jadis se poursuivra.

Le Président du GPK fera effectivement comprendre à l’assistance, très captivée par le discours et fort émotionnée par cette image vue sur écran et cette voix entendue par support audiovisuel, les traits d’union existant entre cette résistance kabyle dès le 19ème siècle et la lutte actuelle. Autrement dit, l’autodétermination que tente d’arracher le peuple kabyle n’est pas utopique et ne répond pas non plus à quelque caprice.

Toujours au chapitre de l’histoire, Ferhat Mehenni apprendra à l’assistance qu’il existe aujourd’hui des citoyens d’origine kabyle en Réunion, à Damas, à Jérusalem et en Jordanie. Et la cause de l’existence de ces citoyens d’origine kabyle vivant sous d’autres cieux était la France coloniale qui les a poussés à l’exil ; exil voulu et considéré comme une sanction pour lui avoir résisté lors de la conquête. Ferhat Mehenni a estimé à 3000 le nombre de ces citoyens qui sont d’origine kabyle.

Après ces détails d’une grande valeur historique, le conférencier abordera le volet du Mouvement national où « l’écrasante majorité de sa composante humaine était kabyle ». De même, il explicitera la vision du mouvement I980 ainsi que celle de ses animateurs qui sont, bien entendu, tous kabyles. Retour ligne automatique
La Grève du cartable sera également décortiquée par Ferhat Mehenni pour aborder ensuite les événements tragiques du printemps 2001, lesquels événements convaincront une bonne fois pour toutes les Kabyles qu’ils forment une nation et sont vus par les autres Algériens comme un peuple à part entière. Au passage, le fondateur du MAK parlera des armées des frontières tunisienne et marocaine, motivées initialement par la confiscation des acquis de la Révolution de Novembre 1954, mais au soulèvement de la Kabylie contre cette imposture, l’Est et l’Ouest ont fait contre elle (la Kabylie) une collusion. Ainsi, la primauté des autres Algériens est de faire front contre la Kabylie, et ce quel que soit leur propre différent. « Aujourd’hui, dira Ferhat Mehenni, il y a un rêve qui se construit ». « Il nous faut un parlement, une administration, … », ajoute Ferhat Mehenni.

Le fondateur du MAK expliquera également que la question de l’autodétermination a d’abord fait l’objet d’une mûre réflexion de sa part. Il exhibera effectivement les ouvrages dans lesquels il a traité cette question, entre autres « le siècle identitaire » et « l’Algérie et la question kabyle ».

Abordant ensuite l’ère de l’autodétermination, le Président du GPK mettra en avant l’aspect économique où en sus des richesses naturelles, il y a l’élément essentiel : la ressource humaine. Très bon orateur, Ferhat Mehenni signalera certains de nos acquis, en l’occurrence notre drapeau et notre hymne national. « Le monde entier nous attend », a conclu le conférencier.

Addenda : lors des débats, plusieurs intervenants ont pris la parole. Nous jugeons utile de mentionner l’intervention de la militante, Rachida Ider. L’intervenante a tenu à rendre un vibrant hommage à Ferhat Mehenni pour son engagement dans le combat pour la liberté de son peuple. L’hommage était si beau et si émouvant que l’assistance et Ferhat Mehenni en personne en ont été très émus.

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