Il aura lieu à partir du 24 février : Les réalisateurs professionnels boycottent le festival du film amazigh

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CULTURE (Tamurt) – Le coup d’envoi de la seizième édition du Festival National Annuel du Film Amazigh se tiendra du 24 au 28 février au chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou ainsi que dans d’autres localités de la même wilaya. Il s’agit d’une édition qui n’a pu être organisée que très difficilement après un report à deux reprises. Les raisons de ce semi–échec préalable, c’est d’abord la très faible production cinématographique en langue amazighe ces dernières années. La deuxième raison, ce sont les mesures d’austérité imposées même aux activités visant à promouvoir la langue et culture amazighe.

Il a fallu donc reporter à deux reprises la tenue de ce festival pour qu’il puisse enfin se tenir du 24 au 28 du mois en cours principalement à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, à la cinémathèque de Tizi-Ouzou et au Théâtre régional Kateb Yacine ainsi qu’aux centres culturels d’Azazga et de Michelet. A peine une dizaine de films en kabyle ont postulé à l’Olivier d’or et en plus, a-t-on appris, il s’agit de films amateurs car les réalisateurs professionnels kabyles  boycottent, en toute évidence, ce festival depuis plus de dix ans à cause de son piètre niveau qui laisse à désirer.

Pour cette année, précisent les organisateurs, le festival du film amazigh sera dédié à la mémoire de Mouloud Mammeri à l’occasion de la commémoration du centenaire de sa naissance et il sera placé sous la thématique « Patrimoine filmique amazigh, état des lieux : archives et numérisation ». En plus des projections des films et des documentaires, le festival abritera des formations, considérées par le comité organisateur comme une pierre angulaire de ce rendez-vous culturel qui n’est désormais plus annuel. « L’implication des professionnels autour des problématiques  du champ de l’audiovisuel, du cinéma et l’initiation des jeunes  cinéphiles aux techniques audiovisuelles et la réalisation des films », est aussi un objectif principal, assigné à cette rencontre, selon les organisateurs.

Pour montrer à quel point ce festival organisé par le pouvoir algérien est ridicule, il y a lieu de rappeler qu’il y a quelques années, l’Olivier d’Or de ce festival, sensé promouvoir la langue et le cinéma d’expression amazighe, a été attribué à un  film… muet. Il s’agit, rappelle-t-on,  de « Banc public », réalisé en plus par le chanteur et non pas réalisateur, Djamel Allam. Dans un pays où n’importe qui s’improvise réalisateur, philosophe et savant, rien désormais n’étonne ni ne déçoit. Le commissaire du festival du film amazigh, lui-même, n’a aucune relation ni de près ni de loin  avec le cinéma. C’était juste un petit pion du directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika à Tizi-Ouzou. Participer donc à ce festival du film amazigh, ce serait cautionner la médiocrité et l’incompétence et en faire preuve de complicité.

Tahar Khellaf