Belghezli, Bacha , Boukrif, Ouahioune, etc. : Ces détenus du printemps berbère qui nous ont quittés !

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KABYLIE (Tamurt) – La commémoration du trente-huitième anniversaire du printemps berbère exige que nous ayons une pensée toute particulière et sincère à la mémoire de tous les militants de la cause berbère qui ne sont plus de ce monde et plus particulièrement à ceux qui faisaient partie des vingt-quatre détenus arrêtés avec le déclenchement des événements du printemps de 1980. A commencer par Mustapha Bacha, décédé d’un arrêt cardiaque en 1994. Mustapha Bacha était un militant impénitent de toutes les causes justes et démocratiques.

Il a fait partie de la première équipe du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie) et du syndicat UDT (l’Union Démocratique des Travailleurs). Lounès Matoub a composé une chanson spécialement sur lui, après son décès. Il s’agit de « Ahbib n tegrawla », édité dans l’album « Asirem » de 1996. Parmi ces militants sincères, on citera aussi Achour Belghezli, assassiné lors des années de terrorisme. Achour Belghezli faisait  partie des 24 détenus d’avril 1980. En 1989, il entame une carrière de journaliste au quotidien « Alger Républicain » avant de regagner l’hebdomadaire régional « Tamurt-Le pays ». Il crée en 1995 une agence de communication « Universel-com ».

Le 17 février 1996, Achour Belghezli est assassiné en plein jour et en plein centre-ville de Tizi Ouzou, à l’intérieur même de son agence. Salah Boukrif est décédé le 26 avril 2006. Ancien détenu du printemps berbère, Boukrif choisit le FFS après les événements d’octobre 1988. En 1996, il quitte le FFS pour rejoindre le RCD où il poursuit toute sa carrière politique jusqu’à sa disparition. Militant très actif de la cause démocratique et de tamazight, Djaffar Ouahioune a été assassiné par des terroristes devant ses élèves au lycée d’Ath Yanni le 10 mai 2005.

Lors des années de clandestinité, il faisait partie des militants et intellectuels ayant lancé la célèbre revue clandestine « Tafsut ». Bien entendu, ce n’est là qu’un échantillon car on ne peut pas citer tout le monde, tous ces grands hommes qui se sont sacrifiés pour la langue amazighe que le pouvoir algérien, arabo-baâthiste et anti-kabyle, depuis l’indépendance, a tenté d’effacer des mémoires. Leurs noms seront gravés avec des lettres d’or dans la vraie histoire de la Kabylie.

Tarik Haddouche