Bougie : Le président du MAK installe la coordination d’Ifri-Ouzellaguen et remet une enveloppe à Assirem umazigh de Boumellal (Chemini)

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BOUGIE (Tamurt) – A la suite d’un choix opéré selon les principes universels de la démocratie, il en est ressorti ce qui suit : la présidence de la coordination est confiée à Mr H.M, la vice-présidence à Mr H. D. le secrétariat à l’organique est revenu à Mr K.N lequel sera secondé par Mrs. N.H et K.R. Quant au poste de trésorier, il est confié à Mr S.D qui sera secondé par Mr B.M. Après cette installation, la cérémonie fut clôturée d’une agréable collation dont la portée symbolique est authentiquement kabyle, c’est-à-dire le partage d’une thagwela di l’melh. Donc à ne pas confondre la collation du MAK avec celles des officiels algériens qui sont souvent marquées par l’hypocrisie ou le désir de la plus part des convives se limite à se remplir la panse aux frais de la princesse.

Avant la mise sur pied de cette coordination, le président du MAK a prononcé un discours mettant en exergue les motivations du peuple kabyle et la réalité algérienne ainsi que les derniers événements régionaux. C’est ainsi que Mr Bouaziz Aït-Chebib a commencé par souligner le rôle et l’importance de la région d’Ifri Ouzellaguen dans les grands événements vécus par la Kabylie dont la tenue du congrès de la Soummam au mois d’août 1956, soit au moment où le peuple kabyle, réuni sous la bannière du Front de Libération Nationale (FLN) était aux prises des plus sanglantes face à la puissance armée coloniale où l’enjeu n’était autre que l’indépendance de l’Algérie. En authentique tribun et parfait connaisseur de l’histoire, le président du MAK cite quelques noms d’illustres combattants et martyrs de la révolution dont Ali Mellah, Amirouche, Krim Belkacem, Abane Ramdhane, Abderrahmane Mira.

Aussitôt, il enchaîne sur les idéaux kabyles qui ne sont autres que ceux du MAK, à savoir l’honneur et la dignité qui sont les principaux piliers d’une vie agréable chez l’homme. L’orateur parle alors des 480 martyrs du Front des Forces Socialistes (FFS), du Printemps 1980, des événements sanglants de 2001 où le fond de toile est constamment manichéen. « Aujourd’hui encore, poursuit le président du MAK, nous poursuivons le même combat ». L’assistance a compris que le juste est le peuple kabyle et le mal est l’Administration d’Alger laquelle a hérité de ce legs diabolique de la France coloniale, et ce, dès les premières heures ayant suivi l’indépendance de l’Algérie.

« Le pouvoir a essayé toutes les méthodes et toutes les recettes pour nous empêcher d’évoluer » :

Mr Bouaziz Aït-Chebib, alternant le kabyle et le français, a déclaré que le « Pouvoir a essayé toutes les méthodes et toutes les recettes pour nous empêcher d’évoluer ». « Sa première phase, dit-il, a été marquée par l’ignorance et la sourde oreille à nos revendications et actions. Sa deuxième a été traduite par la campagne de propagande et d’intimidation à notre endroit. Sa troisième a été de lancer un mandat d’arrêt contre Mr Ferhat Mehenni pour l’empêcher de rentrer ici au pays. La quatrième est la surveillance des faits et gestes de nos militants ainsi que la mise sur écoute de leurs appareils de communication ». Le président du MAK a souligné qu’en dépit de tout cela, le MAK ne cesse d’évoluer et de voir ses rangs s’agrandir chaque jour que Dieu fait. « Mr Ferhat Mehenni, assure l’orateur, en dépit de leur mandat d’arrêt, a réussi à internationaliser la question kabyle. Il a bel et bien parlé à l’ONU en kabyle et a plaidé la cause du peuple kabyle. Il a également été reçu dans un cadre officiel par les plus hautes autorités américaines et où il a plaidé la cause kabyle dont les résultats favorables des discussions sont aujourd’hui connus de tous ». Mr Bouaziz Aït-Chebib a laissé entendre que la victoire du peuple kabyle n’est qu’une question de temps même si l’adversité s’obstine à faire reculer l’échéance de l’autonomie. Toutefois, le président du MAK n’a pas caché son regret quant à l’ouverture de la chaîne de télévision BRTV qui invite sur son plateau « ceux qui tentent de « dénigrer et saboter la Kabylie et son combat ». « Il est vrai, ajoute Mr Bouaziz Aït-Chebib que ces tentatives de déstabilisation ne sont que des coups d’épée dans l’eau car le peuple kabyle n’est ni dupe ni amnésique. Il sait que ceux qui le dénigrent et lui dénient le droit à l’existence ne sont jamais sur le terrain et ni ses côtés même dans les moments les plus durs ».
Toujours au chapitre de l’information et de la communication, le président du MAK a déclaré que « les journalistes doivent savoir qu’il n’y a qu’en Kabylie autonome qu’ils peuvent exercer librement leur métier.

Elections du dix mai prochain programmée par le pouvoir et pour le compte exclusif du pouvoir :

Mr Bouaziz Aït-Chebib qui n’ignore rien des aspirations de la base militante du FFS laquelle rejette dans le fond et dans la forme la participation de leur parti à cette échéance a déclaré à leur intention qu’ils seront les bienvenus à la marche nationale kabyle du 20 avril prochain organisée par le MAK. Pour l’orateur, cette manifestation historique sera celle du peuple kabyle qui va dans le sens de sa libération et de son émancipation.

« Nous lançons également, insiste le président du MAK, un appel aux partis kabyles de cesser de cautionner le régime raciste d’Alger en se retirant des institutions illégitimes modelées par Abdelaziz Bouteflika et ses comparses ».

A propos de la marche du 20 avril, Mr Bouaziz Aït-Chebib a affirmé qu’elle ne sera pas une manifestation de fête mais celle de l’action et de la dignité. S’agissant justement de la journée du 20 avril que le pouvoir tente de dépourvoir de sa substance authentique en chargeant à cet effet des associations spécialisées dans le folklore ridicule, le président du MAK a dénoncé le « chantage de l’administration d’Alger exercé sur le mouvement associatif lequel se traduit par l’argent ». Ce chapitre précis a permis au tribun du MAK de développer un discours mettant à nu les objectifs réels du pouvoir qu’il tente de concrétiser avec la complicité de ses relais locaux dont les motivations de ceux-ci sont misérablement d’ordre matériel.
Selon le président du MAK, il ne s’agit ni plus ni moins pour le pouvoir incarné par Bouteflika et ses complices que l’instauration de l’arabisme et l’islamisme sur l’ensemble du territoire kabyle et de là l’ethnocide du peuple kabyle. « Alger, Capitale de la culture arabe, festival arabo-afrcian des danses populaire, la conférence du cheikh El kardaoui à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou où le peuple kabyle a été insulté sont des preuves indiscutables du sort qu’on tente de nous réserver », a clamé M. Bouaziz Aït-Chebib pour dire ensuite qu’il reste beaucoup à faire à la famille militante du MAK. « Nous n’avons même pas le droit de donner à nos enfants des prénoms amazighs authentiques. Nous sommes encore des colonisés », a soutenu le président du MAK en mettant encore en avant les différents mécanismes actionnés par le pouvoir contre la Kabylie en parallèle avec les discours et ce qui paraît comme « une activité normale ». L’entretien du terrorisme, les kidnappings et tant d’autres facteurs de déstabilisation sont autant de moyens utilisés contre la Kabylie pour l’obliger à la soumission. Et pour souligner le contraste flagrant existant entre la mentalité du peuple kabyle et cette « présence terroriste islamiste en Kabylie », le président du MAK s’interrogera : « Comment se fait-il que partout ailleurs en Algérie, on n’entend plus parler du terrorisme alors qu’ici en Kabylie on continue de voir des groupes armés semer la terreur en toute quiétude malgré la présence massive des militaires, et ce, au nom de la lutte contre le terrorisme tout en sachant que le peuple kabyle a toujours tourné le dos à l’islamisme ? ». Et de souligner encore : « Comment se fait-il que plus de 67 kidnappings ont été commis ici sans pour autant que l’un d’eux ne soit encore élucidé ? ». Tous ces « paradoxes » sont pour le président du MAK des preuves qu’un programme réfléchi est mis sur pied par le pouvoir pour anéantir la Kabylie et son peuple.

Avant de réitérer l’importance que revêt la marche du 20 avril pour rappeler au pouvoir que la seule échéance électorale intéressant la Kabylie est celle portant l’autonomie de la Kabylie, Mr Bouaziz Aït-Chebib dira tout haut ce que toutes les Algériennes et tous les Algériens pensent tout bas : les décisions politiques importantes concernant l’Algérie sont toujours prises par la France. En clair, les dirigeants algériens ne sont que des petits chefs exécutants les ordres de Paris. Le soutien « inconditionnel» d’Alger à Bamako dans la guerre contre le peuple frère de l’Azawad qui ne cherche que sa liberté en est la dernière preuve. « La création du terrorisme dans le Sahel est un pur produit de la France et l’Algérie » a tonné l’orateur. Idem concernant le personnage islamiste dénommé « Ansar Eddine ». L’objectif de Paris et Alger à travers ce « terrorisme » est de salir le mouvement Azawad pour l’anéantir. C’est en parlant de la situation du Sahel et de la lutte pour sa liberté du peuple targui Azawad que la nouvelle de la création de « l’Etat indépendant de l’Azawad » arrive aux oreilles de Mr Bouaziz Aït-Chebib qui, sans tarder, l’a saluée au nom du MAK. Sur ce, le président du MAK a clos son intervention.

C’est Mr Razik Zouaoui, Secrétaire National à la promotion de la Langue kabyle, qui lui succède. Mr Raziz Zouaoui dira tout simplement que la mobilisation de la jeunesse du MAK est plus forte que jamais et, au même temps, la Kabylie est sauvée « dès lors que c’est le capital jeunesse qui est garant de toute réussite ».

C’est sur ces mots, que le président du MAK procédera ensuite à l’installation de la coordination MAK d’Ifri-Ouzellaguen laquelle sera suivie, rappelons-le, d’une collation. Après ce rendez-vous d’Ighzer-Amokrane, le président du MAK et sa délégation prirent le chemin menant directement dans la circonscription territoriale communale de Chemini, plus exactement au village de Boumellal. Le rendez-vous était pris avec les responsables et animateurs de la très active association Assirem umazigh. Mr Bouaziz Aït-Chebib leur a remis une enveloppe financière assez substantielle. C’est suite à une demande officielle d’aide financière introduite par Assirem umazigh auprès du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) en date du 21 mars 2012 que cet argent lui a été remis hier par les soins du président du MAK.

Notons enfin que la remise de l’enveloppe financière a été suivie d’une collation et d’une prise de photos ainsi que la remise à titre de remerciements aux membres de la délégation du MAK d’un livre écrit entièrement en kabyle par YEDDU FUDIL AZAR et intitulé Rekku n tmetti. Il leur a été remis et dédicacé par l’auteur lui-même.

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