Bougie , Spécialistes de la santé dans le secteur privé – Quand les salles d’attentes se transforment en souks

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Toutefois, les patients souffrent d’un autre problème, l’interminable attente et l’inévitable queue. Bien que faire la queue pour un quelconque service est presque une règle dans notre pays, le malaise qu’on peut constater dans les salles d’attente des spécialistes privés est indescriptible. Ce n’est qu’une autre souffrance qui s’ajoute aux autres. C’est un fardeau de plus, un fardeau de trop. Dans la ville de Yemma Gouraya, à l’est de la wilaya ou dans la vallée de la Soummam, le scénario est le même. La pagaille est partout, elle est généralisée et banalisée, au point qu’elle fait, désormais, partie de la vie quotidienne des gens.

En effet, pour une consultation médicale ou une échographie, il faut attendre des heures et des heures. Parfois encore, il faut patienter plusieurs jours avant de voir son médecin. Certains spécialistes de la ville de Bougie ont même prolongé leur horaire de travail, mais en vain, le problème persiste. Dans la majorité des cabinets médicaux, les patients, ou leurs proches se lèvent très tôt le matin pour inscrire leurs noms sur la liste du jour, pour éventuellement avoir la chance de se faire examiner car d’autres personnes s’inscrivent la veille. Par incivisme, certains « anarchistes » déchirent la liste de nuit pour placer une nouvelle, ce qui ouvre la voie à une anarchie d’un autre âge. Cette situation a poussé certains médecins à annuler carrément le système de la liste et le supplanter par des rendez-vous. Beaucoup de salles d’attente de ces spécialistes de la santé ressemblent plus à un souk qu’à autre chose. A cause du nombre croissant des malades, des patients attendent leur tour debout ou s’assoient par terre.

Les cabinets médicaux, toutes spécialités confondues, sont « envahis » tout au long de l’année. « J’ai mon épouse qui souffre d’une hypertension artérielle depuis une dizaine d’année. Nous venons chez ce médecin chaque trois mois. Avant, c’était par rendez-vous, et les choses marchaient bien. Maintenant, il faut inscrire son nom à 3 ou 4 heures du matin pour passer avant midi. Sinon vous allez attendre jusqu’à la fin de l’après-midi, ou bien revenir le lendemain. C’est vraiment inadmissible. Pour une simple consultation médicale, il faut faire tout un parcours de combattant. Jusqu’à quand cette situation perdurera ? », S’interroge Da Mohend Ameziane, un vieux du quartier Iheddaden.

Peut-être qu’il est temps de mettre de l’ordre dans ce secteur et régler les problèmes de tous ces malades qui ont ras-le-bol de subir ces incommensurables désagréments.