Bilan partiel des exactions et exécutions extra judiciaires dans l’Azawad janvier 2013 à janvier 2014

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AZAWAD (Tamurt) – Sur la base d’une collecte d’informations sur les exactions, arrestations, tortures et exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces armées maliennes et leurs milices supplétives, la coordination des cadres de l’Azawad a établi le bilan partiel ci après.

Ce bilan couvre la période de janvier 2013 à janvier 2014. Les exactions, spoliations, pillages et tueries ont connu leur pic le plus élevé, entre janvier et mars 2013 (près de 498 exécutions extra judiciaires entre janvier et février 2013) au plus fort des opérations militaires menées par Serval dans l’Azawad contre les jihadistes.

Revenus dans le sillage de l’opération Serval, les militaires maliens s’en sont pris aux populations civiles, en particulier arabes et touarègues. Même si, à présent, l’ampleur de ces exactions a baissé d’intensité, les soldats maliens poursuivent toujours leurs pratiques constitutives de crimes, de violations des droits de l’Homme, en dépit du déploiement des forces onusiennes et de la présence de Serval.

– Plus de 735 personnes ont été exécutées sans aucune autre forme de procès par l’armée malienne,

– Plus de 300 personnes ont été arrêtées sont détenues sans jamais être présenté à un juge. La majorité des personnes arrêtées sont systématiquement torturées, certaines en sont mortes,

– 182 personnes ont été enlevées sans que l’on puisse dire ce qu’elles ont devenues !!!

– Des pillages, vols, saccages et enlèvement de bétail par l’armée malienne qui se chiffrent à plusieurs milliards de FCFA,

525 000 réfugiés croupissent dans des camps de réfugiés hors de l’Azawad dans des conditions humaines de plus en plus dégradantes.

Plus de 200 000 azawadiens vivant hors des camps de réfugiés ne bénéficient pas du statut de réfugiés et subissent toutes sortes de tracasseries administratives et policières dans les pays de refuge.

Plus de 700 000 déplacés n’ont pas accès aux marchés, aux services de base, à l’assistance humanitaire et vivent dans une insécurité totale.

Hormis, les organisations internationales des Droits de l’Homme (HRW, AI, FIDH…) et dans une moindre mesure, certaines agences de presse, ces crimes sont occultés et passés sous silence, alors qu’ailleurs, le monde entier s’émeut parce qu’un braconnier a coupé la corne d’un rhino.

Il est urgent d’exiger du gouvernement malien que la communauté internationale a réhabilité de faire cesser ces exactions. Il est indispensable d’exiger également une enquête internationale indépendante sur tous les crimes commis, quels en soient les présumés auteurs.

Ni la France, ni l’ONU ne sauraient construire une démocratie durable sur les cadavres d’innocentes populations civiles.

Comment parler de réconciliation, de démocratie, de bonne gouvernance, de décentralisation quand l’armée d’un Etat, dont des bataillons viennent d’être formé, par des européens, continuent d’arrêter, de torturer et de tuer des êtres humains sur la seule base de la couleur de leur peau ????

Le 3 février 2014

La coordination des cadres de l’Azawad