Boudjedra insulte Sansal, Daoud, Khadra et Bachi… Et remercie infiniment Said Bouteflika

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PARIS, FRANCE - APRIL 3: Rachid Boudjedra, Algerian writer poses during portrait session held on April 3, 2014 in Paris, France. (Photo by Ulf Andersen/Getty Images)

ALGÉRIE (Tamurt) – Ces derniers jours, l’écrivain Rachid Boudjedra est revenu au devant de la scène médiatique, non pas en publiant un magnifique roman ayant impressionné lecteurs et critiques, mais en proférant des insanités et des insultes ainsi que des accusations graves à l’encontre d’un certain nombre d’écrivains.

Comme « par hasard », Rachid Boudjedra n’a choisi de mettre dans son collimateur que les romanciers ayant connu de grands succès, non seulement en Algérie, mais aussi et surtout en France mais aussi ailleurs comme en Allemagne, en Grande Bretagne et aux Etats Unis d’Amériques.

Les cibles de Boudjedra sont donc les talentueux écrivains Boualem Sansal, Salim Bachi, Kamel Daoud et Yasmina Khadra. Dans un livre de 90 pages intitulé : « Les contrebandiers de l’histoire », et qui vient de paraître en Algérie, Rachid Boudjedra traite de tous les noms d’oiseaux les auteurs qu’ils semblent, non seulement ne pas porter dans son cœur, mais surtout vouer aux gémonies à tel point qu’il n’a pas hésité à écrire noir sur blanc, dans son livre que Kamel Daoud était, d’après lui, « un ancien membre du GIA-Groupe islamique armé du temps où il était très jeune ».

Qu’est-ce qui se cache donc derrière cet acte injustifié surtout quand il provient de la part d’un écrivain au talent incontestable et aussi prolifique que Rachid Boudjedra. S’agit-il d’un livre commandé par le pouvoir actuel pour se venger de Sansal, Daoud et Bachi, très connus pour leurs positions très hostiles au régime algérien dont ils n’hésitent pas à chaque sortie médiatique à dénoncer les dérives totalitaires ?

Il s’agit d’une question dont la réponse peut provenir et couler de source en lisant la conclusion du livre de Rachid Boudjedra. En effet, après quatre vingt six pages d’insultes tous azimuts contre ces romanciers libres, Boudjedra consacre trois pages,  non pas pour dire les qualités littéraires et esthétiques des romans de ces écrivains, mais pour… remercier Said Bouteflika.

Voilà comment se termine le livre de Rachid Boudjedra « Les contrebandiers de l’histoire » : « Pendant le sit-in devant le siège de l’ARTV, je fus surpris par l’arrivée de Said Bouteflika qui me déclara son soutien total et dénonça l’ignominie dont j’ai été victime. J’ai été très ému et très content de cette intervention du premier conseiller du Président de la République que je salue et remercie ici très chaleureusement. Il était là en tant que représentant de l’autorité de l’Etat et en tant qu’intellectuel. Ce que d’autres n’ont pas fait ». Sans commentaire.

Tahar Khellaf