Bouteflika déposera-t-il son dossier de candidature aujourd’hui ?

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ALGERIE (TAMURT) – C’est aujourd’hui (dimanche 3 mars) que se jouera l’épisode le plus important et le plus décisif de la révolte populaire anti-cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika qui bat son plein depuis vendredi 22 février 2019. En effet, le très contesté président-candidat Abdelaziz Bouteflika devrait déposer son dossier de candidature pour briguer un cinquième mandat aujourd’hui devant le Conseil constitutionnel tel que stipulé par la loi et tel qu’annoncé par Abdelmalek Sellal, ex-directeur de campagne de Bouteflika.

Mais compte tenu du soulèvement populaire et pacifique en cours depuis une dizaine de jours, il n’est pas évident que Bouteflika se rende aujourd’hui au siège du Conseil constitutionnel. Deux scénarios s’annoncent pour ce dimanche 3 mars 2019. Ou bien le pouvoir algérien continuera d’ignorer les appels de millions d’Algériens pour que Bouteflika renonce à ce cinquième mandat indésirable. Si c’est ce choix qui est adopté par le clan présidentiel, on verra donc aujourd’hui le fameux scénario montrant Bouteflika accompagné d’un ou de ses frères, se rendant au siège du Conseil constitutionnel pour observer cette étape décisive dans le processus de la procédure de candidature aux élections présidentielles. Et si c’est le cas, il faut s’attendre à l’embrasement de la rue d’autant plus qu’un appel à une grève générale a été annoncé pour aujourd’hui afin de protester contre le dépôt du dossier de candidature de Bouteflika devant le Conseil constitutionnel.

Cette première hypothèse confirmera que le clan de Bouteflika voudrait se maintenir par la force quitte à mener le pays vers l’inconnu. Le second scénario, c’est de ne pas voir Bouteflika prendre la route du Conseil constitutionnel. Ce qui signifiera que les décideurs ont renoncé à imposer Bouteflika pour un cinquième mandat mais ceci augurera en même temps d’une éventuelle annulation ou un report des élections présidentielles. Un tel choix va sans doute permettre de calmer la rue provisoirement. Mais en même temps, le même pouvoir pourra profiter de la baisse de la mobilisation afin de recharger ses batteries et préparer une autre feuille de route pour aussi se maintenir au pouvoir.

Dans les deux cas donc, on ne peut pas prédire que le peuple a remporté la victoire contre le clan de Bouteflika. Surtout quand on sait que le pays est complètement dépourvu d’une opposition crédible, représentative et digne de ce nom. La rue ne propose non plus pas une personnalité d’envergure nationale et présidentiable qui sera en mesure de constituer une véritable alternative. Ce qui fait redouter le pire. C’est-à-dire la possibilité que le pays entame une novelle ère de transition interminable sous la houlette de l’Armée.

Tarik Hadouche