Bouteflika devient président à vie

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ALGERIE (TAMURT) – Désormais, Abdelaziz Bouteflika est président à vie de la « République algérienne démocratique et populaire ». Il sera réélu avec « la majorité » des voix exprimées le 18 avril prochain même si son état de santé ne lui permet ni de mener campagne ni de s’adresser directement aux algériens. Il ne pourra en toute vraisemblance même pas aller voter, tout seul, le jour de la tenue du scrutin.

Malgré tous ces handicaps, Bouteflika restera et l’élection présidentielle du 18 avril 2019 ne sera qu’une formalité. Aucun autre des candidats à la candidature ne recèle des chances ne serait-ce que de pouvoir aspirer provoquer un deuxième tour. Même pas Ali Ghediri, que d’aucuns n’hésitent pas à présenter comme étant « le seul concurrent sérieux de Bouteflika ». Il s’agit bien entendu d’un canular car Ali Ghediri n’a le soutien d’aucun parti politique ni organisation pesant réellement dans la société. Ali Ghediri est, en plus d’être un général-major de l’armée algérienne, une personnalité au parcours politique inexistant. Ce qui exclue d’emblée les chances de bénéficier d’un quelconque soutien de la part des citoyens démocrates qui ne voudraient, en aucun cas, voir le combat de plusieurs décennies pour la démocratie être couronné par l’intronisation d’un général-major à la tête de l’Etat.

Il va sans dire qu’Ali Ghediri campera le rôle jouée auparavant par Ali Benflis. Donner l’illusion d’être un candidat ayant l’étoffe pour déloger Bouteflika. Mais le 19 avril, les résultats des élections ne pourront surprendre aucun observateur. Tout le monde est au courant des moyens colossaux que le pouvoir a mis en place pour que Bouteflika soit maintenu. Le grandiose meeting du FLN à la coupole, samedi dernier, en est une parfaite illustration. On se demande quelle sera l’image que retiendra l’Histoire de Abdelaziz Bouteflika qui a continué à régner sur l’Algérie pendant vingt ans (et plus à partir du 18 avril prochain). Tous les observateurs ayant eu à intervenir sur la question ont indiqué que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’une personnalité politique se porte candidat aux élections présidentielles sans pouvoir ne serait-ce que s’adresser à ses électeurs.

La complicité de toutes les « forces » de l’opposition dans cette grande supercherie sera également retenue par l’Histoire. Comme quoi, le peuple algérien a été dupé pendant plus de trente ans par des acteurs politiques lui ayant fait croire qu’ils sont pétris de démocratie et qu’il pourrait compter sur eux dans des moments comme ceux que l’Algérie vit aujourd’hui. La réalité est tout autre. Elle est amère.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Un président est régulièrement élu, quand on fait office de président sans l’ aval du peuple, le cas de tous les berzidans autoproclamés, et que pour consolider son trône on fait recours aux crimes et combines, on est en dehors de la République et ses normes et institutions. Dans ce cas c’ est plus un emirat. Au sens démocratique c’ est une aberration de parler d’ État.

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