Brahim Tazaghart : « Le clan de Said Bouteflika veut revenir »

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Brahim Tazaghart
Brahim Tazaghart

ALGERIE (TAMURT) – L’écrivain et figure de proue du Mouvement Culturel Berbère (MCB) Brahim Tazaghart, directeur de la maison d’édition de livres « Tira » de Bgayet, a souligné hier, qu’il est impératif que les arrestations des manifestants cessent et que les détenus du Hirak soient libérés. « Rien, absolument rien ne justifie cette gestion répressive », a ajouté l’auteur de plusieurs romans en tamazight.

« Il est clair qu’il y a des infiltrations, des manipulations, que le clan présidentiel cherche à créer les conditions de son retour par la fenêtre après avoir quitté la scène par la porte. C’est de l’ordre du normal. Le contraire aurait étonné », ajoute Brahim Tazaghart qui suit de près les événements politiques et livre régulièrement sa vision pertinente des situations. Le romancier et poète prolifique avertit toutefois : « Mais voir en tous les animateurs du Hirak des infiltrés, des manipulateurs, c’est trop simpliste ; c’est même insultant du génie populaire ». Brahim Tazaghart ajoute : « Le peuple algérien, les manifestants ne sont pas des affidés de Toufik Medienne, ni de Said Bouteflika. Ils ne sont ni à la solde de la France, ni des Emirates… Le système, tout le système, n’a qu’à retirer ces éléments dans les partis, les associations, les syndicats pour que les choses aillent mieux, pour que le politique reprenne sa place ».

Oui, enchaine Tazaghart, il faut oser mettre un terme aux agissements de la police politique, toute la police politique, pour que les enjeux deviennent clairs. « Que les clans cessent de considérer le peuple comme une simple masse de manœuvre ! Qu’ils cessent de prendre l’Algérie en otage et de la mettre chaque fois en danger. En plaçant l’intrigue au cœur du politique, en déclassant le débat politique constructif au profit de narrations faites de révélations scandaleuses qui expriment la désarticulation des institutions sécuritaires, c’est l’Etat qui se trouve en danger ». Un autre avertissement de la vision perspicace de Brahim Tazaghart : « Dans leur folie du pouvoir, les clans risquent de dépasser les lignes rouges et d’attenter à la sécurité de la populaire dans un contexte régional et international des plus menaçants. Alors, osez arrêter ces confusions et ces amalgames. Arrêtez aussi de miser sur l’isolement de la Kabylie pour étouffer le Hirak et s’offrir l’appui des autres régions ». Aux décideurs algériens des différents clans qui se livrent une guerre sans merci actuellement, Tazaghart lance : « Regardez le peuple, merveilleusement uni, et félicitez-vous du renouveau national au lieu de se laisser impressionner par les ennemis, concepteurs d’un chaos national qu’ils souhaitent installer. Les temps ont changé. Le Hirak a vaincu la résignation, la division ; il veut se réapproprier l’Etat pour mieux le préserver. Plus de paternalisme mal placé, de chauvinisme nationaliste qui cache mal des visées obscures ».

Dernier appel de l’écrivain engagé de Bgayet : « Libérez les détenus par voie de justice, ouvrez le champ médiatique d’une manière concrète, levez vos mains sur les structures politiques et vous allez vous apercevoir que le peuple est plus conscient que les fausses élites que vous avez mis en avant. L’armée a tout intérêt à voir la situation changer fondamentalement, car seul le changement du système peut garantir la pérennité de l’Etat. Il faut oser faire confiance au peuple et reprendre sa place naturelle dans la nation ».

Tarik Haddouche

2 COMMENTAIRES

  1. Il n y a pas d’infiltration mais tout le Hirak est une création du régime pour hypnotiser les masses et faire oublier les centaines de milliards dilapidés. Quand bien meme vous mettez ensemble toutes les richesses subtilisées par ceux qu’on présente comme les uniques voleurs vous n’atteindrez pas les 50 milliards$ , alors que les sommes dépassent largement les 1000 0000 000 000$. Le peuple a étè ébloui avec la mosquée d’Alger puis le jeu a été mis à nu par les Kabyles. Ce qui a pris de surprise le régime qui croyait passer du coq à l’ane avec le cinquième mandat tout ficelé. Les memes personnes sont là, pas seulement les 3 B mais la tete et les mains de la dictature.
    Le vrai enjeu est faire diluer les Kabyles dans le Hirak, s’ils réussisent c’est la fin des haricots, si la Kabylie refuse la révolutionnette du khawa-khawa du vendredi le pays sera libéré. Il n y a aucune discontinuité politique idéologique entre le Hirak et le régime, sauf ce voile moralisateur contre la corruption. Un vide flagrant d’analyse qui renseigne sur la vacuité du mouvement. Le problème n’est pas politique mais identitaire. boutef a soudoyé les masses en recourant à l’import import pour tous, voilà les maitres du pays faire recours aux emprunts internationaux. Morale, quand un peuple est colonisable les maitres le tiennent par le nez.

  2. Le Colonel Ait Mesbah avait giflé ce Said Boutef’, et deux jours après, l’Officier supérieur est promu au grade de Général (officier général). Cette anecdote au passage révèle que Said n’a pas le pouvoir qu’on lui prête. Une certaine propagande veut accréditer l’idée que ce Said détient toutes les prérogatives, alors que c’est faux. Dans son Clan, les vrais puissants ce sont les Généraux Médiène et Tartag (des criminels ‘ nazis ‘), puis les Généraux Hamel, Taghit, Djebbar, Ait Ourabi et leurs complices…. Généraux et Colonels. Dans ce pays, ce sont les Militaires, les Généraux en l’occurrence qui sont les Détenteurs réels du Pouvoir réel, ce Pouvoir de nature ‘ militaire et mafieuse ‘….
    Donc, il faut une nette précision sur les termes, les notions et les concepts . Ainsi, quand on parle de l’Armée, il s’agit de l’Institution militaire, du cadre organisationnel, conceptuel. Ce n’est pas l’Institution qui dirige, ce sont ses Chefs, les Généraux en l’occurrence, qui dirigent, commandent, règnent, décident de tout, bouffent tout, ont mis le pays en ‘ coupes réglées ‘, répriment, tuent, massacrent…. Oui, les réseaux Tewfik (partis, associations, agitateurs, journaux, etc.) s’agitent, mais savent que leurs Chefs sont en prison (fort heureusement, ils faut s’en réjouir) et savent aussi qu’ils ont plus à gagner avec le Clan vainqueur, le Clan Gaid et compagnie, qu’avec la population, qui les déteste mortellement…. Les réseaux Tewfik négocient pour se ‘ soumettre ‘ au nouveau Clan dominant. C’est la règle : les clans se font et se défont selon les contextes, les circonstances, les rapports de force. Le Clan le plus puissant c’est le Clan le plus puissamment amarré à la puissante police politique secrète…. récemment restructurée,n renforcée, débarrassée des élément Tewfikistes….
    Il faut aussi sortir de cette naïveté qui consiste à croire que les Généraux vont facilement céder le pouvoir aux civils…. Ils ne cèderont que si le Mouvement de protestation populaire continue et s’amplifie, garde la voie civique et pacifique, ce qui fera gagner ‘ l’aile modérée ‘ au sein de la Junte militaire, laquelle écoutera les et suivra forcément les revendications populaire, dont la principale est la ‘ fin de la Dictature militaire ‘. La question fondamentale et principale est celle-ci justement…depuis 1962.

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