Brève histoire des Mzab

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Ghardaia (Tamurt) – Depuis des siècles, les mozabites vivaient en paix sur leurs terres dans leur région du M’ZAB (Aghlan) à 600 Km au sud de la Kabylie. Ce peuple Amazigh de 300.000 à 400.000 âmes suit en majorité un rite Ibadite qui tire ses règles religieux du livre « Kitab El Nil » du théologien Abdelaziz Ben El Hadj Ibrahim Al Thaminy qui constitue la charte même de l’ibadisme mozabite.

Ils parlent «Tamzavit» une variante de «Tamazight», la langue maternelle de l’Afrique du nord. Le mozabite considère sa langue comme la composante essentielle de sa personnalité, de son identité et de son histoire. Elle constitue pour lui une richesse jalousement sauvegardée d’un environnement qui devenait de plus en plus hostile, teinté d’arrogance affichée par les tenants de l’arabe, qui la confinait dans un espace  strictement réduit. Leur histoire est enracinée depuis l’Antiquité à cette terre Numide qui a vu naitre 25 cités disparues depuis

Après la chute de leur empire Rustumide au 10eme siècle, vaincu par les Fatimides, les survivants se sont installés à «Chebka» où ils ont construit leur ville fortifiée. Ils ont été rejoints par la population noir «Ikurayan» fuyant la traite négrière orientale qui leur était imposé par les pays arabes. Ensuite, ils ont été rejoints par une première communauté de «juif Tochavim » qui sont une fraction israélite partie lors de l’EXODE de Moise et qui était installé chez les berbères, et plus tard par une deuxième communauté juive en provenance de l’ile de Djerba au 12eme siècle.

A partir du 14eme siècle, des communautés arabes vinrent s’agréger au M’ZAB qui est devenu une partie du royaume «Zianide». La région du M’ZAB est toujours restée autonome. A l’époque turque, l’annexion du M’zab au Baylik de l’Est Algérien a été déclinée par les notables du M’zab et le Dey d’Alger a rapidement annulé cette annexion.

CARTE MZAB

Plan de Ghardaïa (dessin L. Golvin)

Après l’occupation Française en 1830 de cette partie de l’Afrique du nord qu’elle a appelé plus tard «Algérie», la Fédération des Sept Cités du Mzab ont signé en 1853 un traité avec la France qui leur permettait de rester autonome en s’engageant à payer une contribution de 1.800 francs annuelle.

Depuis l’indépendance de l’Algérie, les Mzab ont toujours été une exception sur le plan cultuelle et culturelle. Un vrai plan d’isolement moral, politique et médiatique de celle-ci est mené par l’Algérie dans cette région millénaire.

Pendant le ramadhan 1985 , le premier grand clash a eu lieu entre les mozabites de Ghardaïa et les M’dabih. Des  parcelles  ont  été attribuées à des Mozabites dans le périmètre appelé Laâdira,  le prolongement naturel de la palmeraie de Ghardaïa. Cette décision n’a pas été admise par  les mandataires et le lobby sectaire des M’dabih de la commune de Daya, qui considèrent ces terres comme  leur espace vital. Dans cette ambiance, des attaques et saccages ont eu  lieu, destructions, incendie des exploitations, des animaux éventrés et tués et, des magasins et biens des mozabites incendiés en plein ville transformée en champ de bataille.  Kacem CHEKEBKEB  fut atrocement torturé et mutilé est ainsi devient  le premier martyr Mozabite.

1988-1990, à Berriane, une des sept cités du M’zab , de sanglants heurts intercommunautaires ont dramatiquement coûté la vie à deux mozabites. Après la défaite du parti islamiste et du parti au pouvoir, ces derniers vaincus mais revanchards, sous les cris ‘’d’Allah Akbar’’  ont mené depuis les mosquées, des expéditions punitives et des agressions à l’encontre des mozabites, leur reprochant ainsi leurs choix démocratiques.

Après une timide accalmie pendants la décennie noire qu’a vécue l’Algérie dans les années 90, les jeunes mozabites ont fait partie  d’un vaste et profond mouvement, revendiquant une réelle prise en charge de leurs besoins socioéconomiques et l’arrêt du transfert des richesses du sous-sol du Sud au seul profit des régions Nord du pays, et l’accès en priorité au travail et au logement. Ils avaient activement participé aux multiples actions entamées au plan local et régional.

Cette prise de conscience collective n’est pas du goût des chefs d’Alger. L’émergence de cette force de la jeunesse  face à la faillite de l’état et face au déni identitaire a causé ces massacres dirigés depuis Alger contre le peuple M’zab depuis 2013. jusqu’à cette semaine ou une vingtaine de personnes sont lâchement assassinées par les Arabes Chaamba.

 

berbere dans l'histoire

le mouvement des populations berbères à travers l’histoire

C.Chafaa